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L'extradition
d'El Para du Tchad annoncée par
Zerhouni
Avec
qui les autorités algériennes ont-elles négocié ?
Le
ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales,
Yazid Zerhouni, a déclaré ce samedi, lors d'une conférence
conjointe avec la ministre française de la défense, Michèle
Alliot-Marie, que le numéro deux du GSPC Abderrezak El Para sera
extradé v
Le Matin, 19 juillet 2004
Même si le chef du département de l'Intérieur a
refusé de donner plus de détails sur cette question, cette
annonce suppose que des négociations sont en cours et ont eu lieu
autour du rapatriement d'El Para, de son vrai nom Amari Saïfi. La
question qui se pose est : avec qui le pays a-t-il entamé la démarche
de cette extradition ?
Il y a quelques semaines, l'émissaire du mouvement pour la justice
et la démocratie au Tchad (MJDT), groupe qui a mis la main sur
El Para, est venu en Algérie discuter avec les autorités
concernées du sort de ce terroriste. La rencontre ne s'est soldée
par aucun accord concret. Tout en privilégiant un dialogue avec
les gouvernements tchadien et allemand, la partie algérienne a
refusé de se déplacer au centre de ce mouvement de rébellion
sur les monts du Tibesti, au nord du Tchad, en justifiant cette attitude
par le désir de respecter la légalité internationale.
Elle a demandé, en revanche, au mouvement de prendre en charge
le transport des détenus hors du Tchad. Ce dernier a refusé cette
proposition en invoquant des raisons sécuritaires qui rendent
difficile ce genre de déplacement, tout en critiquant vivement « l'absence
d'initiatives sérieuses » pour la réception des dirigeants
du GSPC. Traiter directement avec le MJDT, équivaut pour l'Algérie à lui
reconnaître une légitimité politique tout en piétinant
celle reconnue au plan international, celle du régime de Deby.
Il faut savoir que le MJDT contrôle une partie de la région
du Tibesti, l'autre versant du désert limitrophe au Niger étant
sous la coupe de l'armée régulière du Tchad. Les
autorités algériennes ont, sans doute, jugé que
la meilleure façon d'agir est de se référer au droit
international et de ménager les parties en conflit au Tchad. Ces
derniers jours, tout porte à croire, toutefois, que le sort d'el
Para était en négociation. D'abord, il y a eu cette déclaration
d'un responsable du MJDT sur une possible extradition de ce terroriste
vers l'Algérie ou un autre pays concerné par son sort.
Ensuite, est venu cet échec de la médiation de la Libye
et surtout la non-exécution de sa menace de s'attaquer au refuge
du mouvement de rébellion tchadien, dans le cas où ce dernier
ne lui livrerait pas le numéro deux du GSPC et ses acolytes dans
un délai de 48 heures.
Enfin, cette déclaration du porte-parole du département
d'Etat américain Richard Boucher sur la nécessité de
livrer El Para et ses compagnons dans « les meilleurs délais
aux autorités algériennes afin d'être jugés
sur la base des charges qui pèsent sur eux ».
Les chefs militaires américains, présents sur la bande
du Sahel, ont-ils eu un quelconque rôle dans l'aboutissement des
négociations autour de l'extradition d'el Para vers l'Algérie
? Dans tous les cas, bien exploitée, la livraison du numéro
deux du GSPC au pays ne peut que constituer une mine d'informations susceptibles
d'être exploitée dans la lutte antiterroriste.
Nissa H.
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