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HUMANITAIRES ESPAGNOLS KIDNAPPÉS AU MALI
Al Qaîda réclame 7 millions de dollars
L'Expression, 02 Janvier 2010
Le gouvernement espagnol aurait sollicité le président malien, Amadou Toumani Touré, pour mener les négociations avec les ravisseurs.
Rapts, revendications puis demandes de rançons. Telle est «la règle» de chantage qu’adoptent, désormais, les groupes terroristes d’Al Qaîda.
Une fois de plus, Al Qaîda au Maghreb islamique (Aqmi) n’a pas dérogé à cette règle à la suite de l’enlèvement de trois volontaires humanitaires espagnols retenus en otage au Mali. L’Aqmi réclame, selon le journal espagnol El Mundo, sept millions de dollars pour les libérer. «L’Aqmi réclame sept millions de dollars (4,8 millions d’euros, Ndlr) de rançon pour les trois coopérants espagnols séquestrés le 29 novembre», a écrit le journal dans son édition de jeudi et dont les propos ont été rapportés par l’AFP. Ce n’est pas tout. Les ravisseurs exigent la libération «de plusieurs de leurs membres» détenus en Mauritanie. Une autre condition imposée par l’Aqmi, selon la même source, pour remettre en liberté les trois Espagnols, Roque Pascual, 50 ans, Albert Vilalta, 35 ans, et Alicia Gamez, 35 ans. Cependant, le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, a préféré ne pas faire de commentaire sur cette demande de rançon. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, «s’est refusé à tout commentaire sur cette information», a rapporté la même agence. Le même journal a confirmé que le gouvernement espagnol a été informé des exigences des ravisseurs. Selon toujours la même source, le gouvernement espagnol aurait sollicité le président malien, Amadou Toumani Touré, afin qu’il mène les négociations avec les ravisseurs. Le président malien joue «un rôle fondamental dans les négociations», a-t-on rapporté. Amadou Toumani Touré aurait ainsi dépêché au nord du Mali, où seraient retenus les otages dans une région désertique, son consul en Arabie Saoudite, Iyad Ag Gali, un ancien rebelle touareg. Ce dernier serait en contact avec un chef tribal du nord du Mali pour négocier la libération des trois otages espagnols, mais aussi de l’otage français, Pierre Camatte, capturé le 26 novembre, et de l’Italien Sergio Cicala et son épouse Philomène Kabouree, capturés le 18 décembre par Aqmi. Les efforts de collaboration entre les pays concernés se multiplient ces derniers jours pour tenter d’obtenir la libération des otages européens.
Les trois volontaires espagnols de l’ONG Barcelona Accio Solidaria avaient été enlevés le 29 novembre sur la route très fréquentée Nouadhibou-Nouakchott, à environ 170 km au nord de la capitale. Après le rapt, les ravisseurs et les otages ont quitté la Mauritanie pour rejoindre le Mali. Leur enlèvement a été revendiqué le 8 décembre par Aqmi, en même temps que le rapt d’un Français capturé dans le nord du Mali. Le 18 décembre dernier, deux Italiens ont été enlevés en Mauritanie dont l’Aqmi a également revendiqué le rapt, la semaine passée.
Le kidnapping des touristes étrangers est devenu un mode d’approvisionnement financier par excellence pour les groupes terroristes. A chaque rapt signalé, les terroristes demandent une rançon. Reste à savoir maintenant de quelle manière les Occidentaux vont-ils gérer la situation. D’autant que l’Algérie, soutenue par plusieurs puissances, présentera une motion à l’ONU pour pénaliser le versement de rançon.
Tahar FATTANI
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