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APRÈS
LA MORT DE SAHRAOUI
Le
nouvel émir du Gspc désigné
L'Expression,
15 juillet 2004
La «fin des émirs» marquera profondément la
stratégie de communication du groupe salafiste.
Le nouvel émir du Groupe salafiste pour la prédication
et le combat (Gspc) a été désigné trois jours
après la mort de Nabil Sahraoui, dit «Abou Ibrahim Mustapha»,
et six de ses proches lieutenants dans le ratissage mené par l’armée
appuyée par la Gendarmerie nationale.
La réunion n’a pu regrouper l’ensemble des chefs de
zones, restés confinés dans leur aire d’activité par
le rigoureux maillage sécuritaire, mais s’est tenue avec
la présence de chefs de la zone 2 (la Kabylie) qui constitue la
région opérationnelle et des délégués
et autres officiers juridiques des zones. Cette réunion pour la
désignation de l’émir obéit à la loi
organique immuable du Gspc contenue dans la «charte» («el-mithaq»)
et qui stipule que le groupe salafiste «en cas de décès,
de capture, de maladie, ou d’un quelconque motif qui empêche
l’émir de continuer à exercer ses fonctions, le conseil
de «Ahl el-hal wel-akd» (sorte de conseil des sages, qui
a des prérogatives plus élargies que l’émir
lui-même) doit désigner le nouvel émir de la djamaâ dans
les trois jours qui suivent».
Le 20 juin 2004, un communiqué de l’état-major de
l’armée confirmait la mort de sept chefs du Gspc dans deux
attaques simultanées de l’ANP à Bourbaâtache
et Fenaïa, sur les hauteurs de Béjaïa. Le communiqué de
l’état-major de l’armée donnait les nom des
chefs abattus dont Nabil Sahraoui, Khettab Mourad, Droukbel Abdelmalek
et Abi Abdelaziz, soit les principales têtes pensantes du Gspc.
La «fin des émirs» marquera profondément le
Gspc. Première conséquence: une rétention de l’information,
après avoir tenté de donner l’impression par différentes
publications de livres et opuscules, par la diffusion de cassettes audio
et vidéo et la création de deux sites internet de bonne
facture, d’être une organisation qui fait de la communication
et l’information, la priorité de ses soucis. Le dernier
communiqué en date est celui qui revendique l’attentat contre
la centrale électrique d’El-Hamma. Mais le nom du nouveau
chef est passé sous silence. De fait, on peut penser que c’est
le chef de la zone 2 et de l’Algérois, «Yahia Abou
El-Haythem», alias Abdelhamid Saâdaoui, qui prend provisoirement
les commandes en attendant la réunion de tous les chefs de zones
pour ratification ou changement à la tête de l’organisation.
Le statut de «provisoire» est privilégié par
le Gspc à chaque fois que la désignation est faite dans
la précipitation et n’a pas encore eu le consensus de tous.
La mystérieuse disparition de Hassan Hattab (nous avons parlé de
sa liquidation physique par les ultras du Gspc) la capture d’Amari
Saïfi et la mort de Nabil Sahraoui ont été autant
de motifs pour tenir désormais secret le nom de l’actuel
chef, afin de ne pas l’exposer à la fixation des forces
de sécurité.
De toute évidence, le nom d’Abdelhamid Sahraoui sort largement
du lot.
C’est lui qui était seul à signer, même du
vivant de Hattab et Sahraoui, les communiqué de la zone 2, la
zone opérationnelle et véritable QG du groupe salafiste.
Membre fondateur du Gspc, âgé de 38 ans, il présente
toutes les caractéristiques du nouveau chef qui a connu la création
du Gspc, la fin du GIA, la mort de ses chefs, l’implantation des
réseaux et le nom des cellules actives ou de soutien dans la Kabylie
et l’Algérois.
Fayçal OUKACI
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