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MENACE
D’ESCALADE DU TERRORISME EN ALGÉRIE
Le
Gspc menace les étrangers
L'Expression,
14 juin 2004
L’organisation de Nabil Sahraoui semble emboîter le pas à Al
Qaîda et sa stratégie en Orient.
Dans un communiqué portant n°06125 et daté du 6 juin
2004, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Gspc)
menace de «s’en prendre désormais aux ressortissants étrangers
en Algérie» afin de venir en aide aux frères d’Islam «agressés
dans toutes les parties du monde». Le communiqué, signé par
le nouvel émir du Gspc, Abou Ibrahim Mustapha alias Nabil Sahraoui,
porte le titre de «communiqué de guerre contre les étrangers.» Il
déclare que désormais «la guerre est déclarée
contre tous les étrangers, leurs intérêts en Algérie
et leurs installations et infrastructures», précisant que «le
Gspc n’est pas responsable de ce que peuvent signer ou promettre
les autorités algériennes avec les pays tiers». Ce
régime algérien, ajoute le communiqué, comme tous
les régimes arabes, est un régime «appendice»,
qui n’est là que pour fructifier les intérêts
du monde judéo-chrétien, lequel se lance dans une guerre
sans merci pour «anéantir les musulmans».
Cette nouvelle escalade des actes de violence intervient au moment où Al
Qaîda multiplie les attaques contre les étrangers aussi
bien en Irak qu’en Arabie Saoudite, afin de donner un nouveau visage
au djihad, qu’elle transpose de la guerre contre les régimes
arabes à une guerre contre les judéo-croisés, stratégie
pernicieuse dont le but évident est de faire adhérer le
vaste monde musulman à leur cause.
C’est bien la première fois que le Gspc déclare la
guerre à des civils en Algérie. L’organisation, qui
a toujours dénoncé les dérives du GIA, tentait depuis
sa création, d’épargner les civils et déclarait
ne s’attaquer qu’aux membres des services de sécurité dont
elle s’est fait le «sniper» par excellence tuant près
de 70 militaires, policiers, gendarmes, GLD et gardes communaux en l’espace
de six mois.
En suivant les traces d’Al Qaîda, pour laquelle il ne cache
pas ses affinités, le Gspc entend ajouter un cran à son
activisme. Cette donne, très importante, va contraindre les autorités
algériennes à quadriller la capitale, à redoubler
de vigilance dans les grands axes routiers et autour des complexes pétroliers
et gazoducs, et même si les hommes du Gspc n’arrivent pas à toucher
leurs objectifs, il leur restera le fait de contraindre les étrangers à vivre
en reclus ou à limiter leurs mouvements, de faire une nouvelle
pression sur les autorités et de pousser les investisseurs étrangers à faire
preuve de plus d’hésitation. Dans un opuscule rédigé par
la commission juridique, le Gspc diffusait déjà, il y a
quelques mois, ses positions concernant les étrangers. L’opuscule,
intitulé «Verdict contre ceux qui, des étrangers,
sont en Algérie», donnait déjà un avant-goût
de ce que sera la nouvelle stratégie du groupe.
Le rapt des 32 terroristes étrangers dans le Sahara annonçait
clairement la couleur et, d’après un dirigeant du Mdjt, «le
groupe du Para a été capturé alors qu’il était à la
recherche d’autres étrangers dans le Sahel».
Le GIA, ancêtre du Gspc, avait déjà usé de
cette même stratégie, tuant, entre 1993 et 1996 au moins
100 ressortissants étrangers, des Français notamment, mais
aussi des Croates, des Espagnols, des Italiens, etc. En fait, si le GIA
avait une tendance pour les ressortissants français, le Gspc affirme
clairement ses préférences, comme pour sa branche-mère
Al-Qaîda : les Américains seront sa cible privilégiée.
Fayçal OUKACI
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