| |
|
Forte
explosion à la centrale du Hamma hier à Alger
Un
attentat a la voiture piégée ?
Par
Hamid Saïdani, Liberté, 22 juin 2004
Une violente déflagration s’est produite, hier, à 22
heures, faisant 11 blessés dont 4 graves, selon le ministre de
l’Intérieur, Yazid Zerhouni. L’explosion, qui a secoué toute
la capitale, serait, selon beaucoup de témoignages recueillis
sur place...
Une violente explosion a secoué, hier, aux environs de 22h, la
capitale provoquant un moment de panique chez la population. La déflagration,
entendue à des kilomètres à la ronde, s’est
produite au niveau de la centrale électrique du Hamma faisant
onze blessés, dont quatre grièvement touchés, tous
des agents de la Société de prévention et d’action
de sécurité (SPAS), une filiale de la Sonelgaz.
Si les autorités n’ont soufflé mot sur l’origine
de cette explosion, les indices relevés sur les lieux font croire
qu’il s’agit d’un attentat à la voiture piégée,
qui a ciblé cette importante infrastructure de production d’électricité.
Et dans ce cas-là, l’objectif recherché serait de
plonger la capitale, sinon une bonne partie du territoire national dans
l’obscurité.
En tout cas, pour le moment, c’est la thèse qui serait privilégiée
par les services de sécurité. Les responsables qui se sont
rendus sur place juste après la détonation, à leur
tête le ministre de l’Intérieur, M. Nourredine Yazid
Zerhouni, et le ministre de l’Énergie et des Mines, M. Chakib
Khelil, ont préféré user de la prudence et ce, malgré l’insistance
des journalistes. Ils n’ont pas voulu trop s’avancer sur
l’origine de cet incident. Pour le ministre de l’Intérieur,
l’explosion serait “apparemment d’origine accidentelle” et
qu’“il appartient à l’enquête déclenchée
par les services de sécurité de déterminer les circonstances
exactes de l’explosion”. Celle-ci a causé un énorme
cratère sur le trottoir attenant au mur d’enceinte de la
centrale, dont une partie s’est effondrée vers l’intérieur
de l’établissement. Mais les principales installations n’ont
pas été endommagées par le souffle de l’explosion
qui a fait voler en éclats les vitres des habitations et des voitures
sur un rayon d’environ 200 mètres. Seul un bâtiment
a subi des dégâts, puisque les feuilles en métal
qui couvraient le flanc donnant sur le lieu de l’explosion ont été broyées
par le souffle.
Outre quelques carcasses de véhicules complètement défoncées,
des morceaux de métal, sans doute ce qui reste de la voiture piégée,
jonchaient l’avenue Hassiba-Ben-Bouali qui enserre la centrale
par le Sud.
Les éléments de la police scientifique se sont déplacés
en force sur les lieux et se sont affairés durant une bonne partie
de la soirée d’hier à recueillir les indices pouvant
révéler l’origine exacte de cette explosion.
H. S.
|
|
|