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Le
sort des 31 touristes européens disparus en Algérie, toujours
inconnu
Enquêtes,
pistes et rumeurs
Le Quotidien d'Oran,
15 avril 2003
Si du côté
des officiels algériens les déclarations sur la disparition
énigmatique de plusieurs groupes de touristes étrangers
dans le Sahara
algérien, depuis des semaines, se font rares et succinctes, elles
semblent,
toutefois, abondé dans les presses allemande et autrichienne, sous
couvert d
’anonymat, relançant les mêmes hypothèses: enlevés
ou disparus dans le
désert.
Dimanche, un envoyé
spécial de la télévision autrichienne en Algérie,
Franz
Norman, se référant à des «militaires»
algériens, avait déclaré que le
groupe d’étrangers -dont dix Autrichiens- avait pu être
enlevé. Ces lectures
anonymes ont fait écrire, par ailleurs, au célèbre
hebdomadaire allemand
«Der Spiegel», que les autorités allemandes ont fait
savoir à Berlin que les
disparitions sont le fait de groupes islamistes armés, justifiant
l’
ouverture par le parquet allemand d’une information judiciaire selon
cette
même publication.
Sources et «mises
au point» se suivront avec la réponse préventive,
ou ce
qui est présenté comme tel, d’un officier de l’armée
algérienne sur les
colonnes d’un journal algérien. Cette fois-ci, les touristes
européens
disparus sont «hors de l’Algérie», reprenant
les déclarations faites par une
autre source «sécuritaire» à l’agence
officielle l’APS. Le bal des rumeurs,
et des conclusions sans preuve, se poursuivra encore des deux côtés
du
dossier où l’on forcera, d’un côté sur
l’hypothèse traditionnelle de l’
enlèvement islamiste et de l’autre sur une erreur de navigation,
une
disparition ou l’égarement avec l’hypothèse
vérifiable d’une erreur de
navigation due à un dysfonctionnement du système GPS.
Un autre rebondissement
viendra avec le ministère des Affaires étrangères
néerlandais qui a indiqué, quant à lui, hier lundi,
que les enquêtes en
cours pour déterminer le sort des 31 touristes européens,
avaient confirmé
qu’un citoyen néerlandais avait été enlevé.
Un autre officiel autrichien a
précisé, à son tour, que les touristes ont laissé
«un signe», le 8 avril,
indiquant: «nous vivons». Un maigre et inexplicable indice,
dont on en ne
sait pas la nature exacte mais qui autorise les espoirs car depuis le
8
avril «aucune trace de combat, de blessure ou de restes humains
n’a été
trouvée» et aucune revendication de la part d’auteurs
éventuels d’un
enlèvement n’a été reçue, comme souligné
par la même source. L’indice a
pourtant permis aux enquêteurs de procéder à des recherches
ciblées, partant
de l’endroit où a été laissé le message
des disparus, affirme-t-on.
L’optimisme
reste de rigueur pour le ministre allemand de l’Intérieur
Otto
Schily, et pour la ministre autrichienne des Affaires étrangères
Benita
Ferrero-Waldner, récemment 1à Alger, qui préfèrent
parler de «de discrets
espoirs» et de «lueur», en conclusion de leurs contacts
soutenus avec les
autorités algériennes, et malgré le forcing de leurs
médias qui penchent
vers la plus facile des hypothèses.
Ainsi et réagissant
aux conclusions de l’envoyé spécial de la télévision
de
son pays, un diplomate autrichien de haut rang rejettera, en dernière
réaction, la thèse de l’enlèvement, toujours
sans preuve. Contrairement aux
propos curieux du ministère des Affaires étrangères
néerlandais qui en
affirmant que «nous avons la confirmation que le Néerlandais
Arjen Hilbers a
été enlevé», finira par suggérer une
réponse à la question de savoir si les
autorités avaient déjà été en contact
avec les ravisseurs et si les 31
touristes étaient encore en vie: «nous ne dirons rien à
ce sujet dans l’
intérêt de l’enquête et de la sécurité
de ceux qui ont été kidnappés»,
déclarera-t-il.
Outre le Néerlandais,
dix Autrichiens, quinze Allemands, quatre Suisses et
un Suédois sont toujours portés disparus dans le triangle
Ouargla-Djanet-Tamanrasset. L’énigme de leur disparition,
et en l’absence,
peut-être calculée, d’information et de piste retenues
par les groupes de
recherche, provoque toujours les plus hâtives lectures: de celle
qui
convoque El-Qaïda et le groupe de Mokhtar Benmokhtar, à celle
qui parle déjà
de rançon pour un cas qui pourra se révélera être
uniquement un drame humain
de touristes piégés par les deux millions de km² du
Sahara algérien. L’
énigme, avec son lot de milliers de militaires en ratissage, de
visites d’
informations diplomatiques soutenues, d’enquêteurs des services
étrangers et
de contradictions de médias, ne semblent pourtant pas avoir tari
le flux des
charters de touristes européens qui débarquent toujours
à Tam.
Les annulations des
tours opérateurs restent rares, selon l’aveu d’un
professionnel du secteur, rapporté par l’AFP même s’«il
fallait s’attendre à
des annulations après ces disparitions que personne ne comprend»,
explique
Kader Regagda, un guide d’agence. «Toutefois, nous avons des
Suisses qui
viennent d’arriver malgré les recommandations de leur pays
de ne plus se
rendre en Algérie», ajoute-t-il. Des Allemands ont réussi
à contourner l’
annulation d’un vol en provenance de Francfort et sont arrivés
tard dans la
nuit de dimanche à lundi avant de partir, en compagnie de guides,
dès l’aube
«se plonger dans le désert», avec une impatience non
dissimulée, a constaté
le journaliste de l’agence française.
K.D.
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