Abou Qotada avait infiltré les salafistes algériens

Le chef spirituel du GIA était une taupe des services anglais

Le Quotidien d'Oran, 27 mars 2004

Abou Qotada Al Falestini, l’imam d’origine jordanienne qui est considéré comme le chef spirituel du GIA puis du GSPC à Londres, a été durant 7 années une «taupe» des services secrets britanniques dans les milieux islamistes algériens en Grande-Bretagne. Celui qui a été à l’origine de la publication Al Ansar du GIA entre 1992 et 1995 et qui a permis de recruter des dizaines d’afghans algériens à Londres est depuis quelques jours impliqué dans une sombre histoire d’infiltration des groupes terroristes algériens. C’est le quotidien britannique The Guardian qui rapporte l’information selon laquelle Abou Qotada Al Falestini a travaillé pour les services du contre-espionnage britanniques du MI5 depuis 1996, soit trois années après sa venue à Londres en 1993, et avoir bénéficié de l’asile politique.

Ce prédicateur de 43 ans est connu dans les milieux islamistes algériens comme étant le principal organisateur des réseaux salafistes algériens à Londres lorsqu’il officiait à la mosquée de Finshbury Park, lieu de regroupement des islamistes algériens dans la capitale britannique. Selon The Guardian, Abou Qotada a proposé un deal aux services secrets anglais pour «contrôler» les activistes algériens contre une immunité et un statut de réfugié politique et afin de prémunir le territoire britannique d’attentats terroristes par les groupes terroristes.

Entre 1996 et 1997, Abou Qotada a eu trois réunions secrètes avec deux officiers du MI5 afin de travailler comme une «taupe» pour les services anglais. Abou Qotada a eu à superviser les activités subversives des islamistes radicaux à Londres, principalement les Algériens du GIA puis du GSPC, afin qu’ils n’envisagent pas une action contre les intérêts britanniques en Algérie ou sur le sol anglais. Ce «deal» a permis aux services du MI5 de connaître la complexité des réseaux islamistes au Londonistan et de suivre l’évolution des courants soit confrériste, soit djihadiste salafiste. Il lui a surtout permis de disparaître une année avant l’entrée en vigueur de la loi antiterroriste britannique, avec la bienveillance de ses protecteurs, et d’être, actuellement, maintenu en détention à la prison de Belmarsh sans qu’aucune charge précise soit retenue contre lui.

De ce fait, le rôle trouble d’Abou Qotada déteint sur les Britanniques. Car comment concevoir que les services secrets de Sa Majesté sous-traitent un imam, considéré en plus comme le représentant d’Oussama Ben Laden en Europe, alors qu’il prônait le massacre des Algériens ? Abou Qotada qui est demandé par 7 Etats européens et qui est recherché par 13 polices pour être mêlé à des attentats avait été l’inspirateur de plusieurs fatwas en Algérie pour le compte du GIA avant 1996 et pour le GSPC depuis 1997.

Cet imam avait d’ailleurs entretenu des contacts étroits avec Kamerdinne Kherbane et Boudjema Bounoua alias Abou Anas depuis Londres pour superviser Maktab El Khadamat vers lequel étaient dirigés les islamistes algériens qui allaient s’entraîner en Afghanistan. Son nom a été cité par des repentis algériens qui l’ont entendu discuter, notamment depuis le maquis du GSPC en Kabylie, avec Hassan Hattab depuis Londres grâce à un téléphone satellitaire.

Si Abou Qotada a fini par condamner les pratiques du GIA, il n’a pas pour autant laissé sans tutelle spirituelle les afghans algériens et le GSPC. En 1998, il intègre le comité secret des fatwas, édifié par Oussama Ben Laden, chargé de donner une base théologique et légitime de ce qu’allait être la base idéologique du mouvement djihadiste d’Al-Qaïda. En s’adressant à ce Palestino-Jordanien, Ben Laden voulait profiter de son expérience «algérienne» dans la mobilisation de groupes terroristes opérationnels et convaincus par le djihad. Il s’avère, après les révélations des médias britanniques, que les services anglais avaient la même idée.

Mounir B.

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Report: Cleric Became Suspect After 9-11

The Guardian, Wednesday March 24, 2004


LONDON (AP) - Radical Muslim cleric Abu Qutadah once appeared willing to help authorities prevent Islamic terrorist attacks in Britain, but he became a dangerous terrorist suspect after Sept. 11, 2001, a news report said Tuesday.

In January, after closed hearings, Britain's Special Immigrations Appeals Commission upheld the government's decision to keep Abu Qutadah in the high-security Belmarsh prison in southeast London indefinitely without charge or trial.

On Tuesday, Channel 4 News said it had obtained a copy of the commission's confidential report, which explained why British intelligence agents concluded that Abu Qutadah was too dangerous to remain free.

British officials have described him as the most senior known al-Qaeda figure in the country.

During the 1990s, he was known for his fiery sermons to his Islamic followers at the Four Feathers Clubs in West London.

However, three times in 1996 and 1997, MI5 intelligence agents met secretly with Abu Qutadah, a Jordanian of Palestinian descent who allegedly has extensive contacts with senior terrorists worldwide.

In one interview, Abu Qutadah was said to have promised to ``report anyone damaging the interests of this country,'' said the commission's ruling, which was presented on Channel Four's Web Site. In another interview, he insisted that those over whom he had influence were no risk to Britain's national security.

But that cooperation changed after the terrorist attacks in New York and Washington on Sept. 11, 2001, when he became ``truly dangerous,'' the Appeals Commission report said.

During the mid-1990s, ``he may well have regarded the U.K. as a safe haven and believed that it was far more useful to be able to operate here,'' the panel said.

``In the following years, and particularly since the attacks of 11 September 2001 his attitude has changed.''

At that time, Abu Qutadah began to accept the terrorist attacks sponsored by Osama bin Laden, the document said.

He also said the terrorist attacks in the United States ``were part of a wider battle between Christendom and Islam, and a response to America's unjust policies.''

Abu Qutadah was convicted in absentia in Jordan on charges of conspiring to attack U.S. and Israeli interests, and in 1993 he began living in Britain, where he was granted refugee status.

He reportedly slipped past heavy surveillance and disappeared in late 2001, but according to press reports, which the British government has refused to confirm, was arrested in October 2002.

Abu Qutadah had been in investigators' sights for years.

He was named in a Spanish indictment as ``supreme leader at the European level of the mujahedeen,'' or Islamic fighters. Spanish anti-terrorism Judge Baltasar Garzon reportedly called him ``bin Laden's ambassador in Europe.''

German authorities have accused Abu Qutadah of leading the militant Palestinian group Al Tawhid.



 

   
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