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COOPERATION MILITAIRE Une frégate turque accoste au port d’AlgerLe Quotidien d'Oran, 30 mars 2005 La frégate turque Salih Reis a accosté, hier, au port militaire d’Alger. Son escale devrait durer jusqu’au 31 mars prochain, au bout de laquelle il est prévu qu’elle participe à un exercice de quelques heures, en haute mer, avec des unités de la marine nationale. C’est ce qu’a indiqué, hier, l’officiant commandant la frégate, le capitaine Sinan Azmi Tosun, lors d’un point de presse qu’il a tenu, hier, en début d’après-midi, au siège du commandement des forces nationales à l’Amirauté. S’exprimant en langue turque, le capitaine Azmi Tosun s’est déclaré ravi de la visite de son unité, en Algérie. D’autant qu’il s’agit d’une première, a-t-il précisé. Plusieurs unités de la marine de guerre turque ont déjà accosté dans des ports algériens, a-t-il expliqué, mais cela s’est fait dans le cadre global des échanges entre l’Algérie et les forces de l’OTAN. Mais c’est la première fois, a-t-il ajouté, qu’un de ses bâtiments effectue une escale dans un cadre bilatéral. L’objectif, selon le commandant de la frégate Salih Reis, est de permettre aux deux marines de mieux de se connaître et donner de la consistance à l’accord de défense qu’Alger et Ankara ont signé, en 2003. L’appareillage des navires de guerre turcs dans les eaux algériennes, et réciproquement, devrait s’intensifier dans les prochaines années, a affirmé le capitaine Azmi Tosun. L’enjeu est stratégique, selon lui. Il s’agit d’approfondir la collaboration entre les forces armées turques -dont le pays est membre de l’OTAN depuis 1952- et les forces armées algériennes dans le cadre du dialogue méditerranéen. Ce programme institué par l’Alliance depuis les années quatre vingt-dix repose sur plusieurs axes importants dont la collaboration technologique entre ses forces et celles des sept pays qui s’y sont engagés, la lutte antiterroriste et la sécurité dans le bassin méditerranéen. On pourrait leur ajouter un autre point, tout aussi important sinon le plus important: tenter de dépasser l’équation Nord-Sud qui domine pour l’instant les relations de l’OTAN aux pays de la rive sud de la Méditerranée. La Turquie est certes un pays appartenant à la sphère géographique européenne. Il frappe depuis quelques années aux portes de l’UE. Mais c’est aussi un pays à majorité musulmane. Ce qui a, pour effet, de bousculer les schémas de crise et les visions qui consistent à opposer catégoriquement le Nord «vertueux» et stable au Sud, synonyme de crise réelle ou potentielle et donc menaçant. En ce sens, le rapprochement entre Alger et Ankara constitue une pièce maîtresse dans les changements, actuellement en ébauche et qui peuvent survenir, dans les tout prochaines années en ce qui concerne les problématiques de défense et de sécurité dans le bassin méditerranéen. Dès lors il ne faut pas s’étonner de la fréquence des visites, en Algérie comme en Turquie, de grands officiers. En 2003, le général d’armée Hilmi Ozkok s’est rendu en Algérie pour une visite qualifiée alors d’importante. Une année plus tard, en 2004, c’était au tour du chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général major Ahmed Gaïd Salah, de se rendre, en visite officielle, à Ankara. Kader Hannachi |
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www.algeria-watch.org
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