Selon un rapport officiel sud-africain

L’Algérie a acheté pour 70 millions de dollars d’équipements militaires

par Zouaoui Mouloud, Le Jeune Indépendant, 28 mars 2005

L’Algérie a importé pour plus de 400 millions de rands (70 millions de dollars) d’armements et d’équipements militaires de l’Afrique du Sud en 2003, se présentant comme l’un des plus gros clients de ce pays durant l’année. Selon le quotidien sud-africain Mail and Guardian dans son édition d’avant-hier, l’Algérie a acheté des armements lourds pour un montant de 230,5 millions de rands (38,4 millions de dollars).

Elle a également acquis du matériel de haute précision tel que les commandes de lancement de missiles ainsi que des lots de fusils à lunette et de vision nocturne pour un montant de 171 millions de rands, soit l’équivalent de 28,5 millions de dollars.

Citant un rapport de la Commission nationale de contrôle sur les armements (NCACC), l’organisme qui donne son accord aux ventes militaires sud-africaines, le quotidien indique que l’Algérie a été le client le plus important de l’Afrique du Sud en 2003, derrière l’Inde et devant la Chine, le Pakistan, les Philippines, la Colombie, le Népal, la Guinée, le Swaziland et la Côte d’Ivoire.

En 2002, l’Algérie a été, pour la deuxième année consécutive, le premier client de l’Afrique du Sud, avec des achats d’armements qui avaient atteint alors 676 millions de rands (environ 100 millions de dollars). Il s’agissait entre autres de matériels destinés à moderniser des hélicoptères de combat russes acquis par l’Algérie tout en les équipant de missiles de type Kentron, fabriqués par l’Afrique du Sud.

Engagée dans une politique de diversification de ses fournisseurs depuis le démembrement de l’ex-Union soviétique, l’Algérie s’est tournée depuis l’an 2000 vers l’Afrique du Sud, principalement pour la modernisation des défenses aériennes.

L’ANP avait commandé alors quatre avions de reconnaissance guidés à distance auprès de Pretoria tandis que le constructeur sud-africain Denel s’est chargé de la formation d’officiers pour l’utilisation de ce matériel. Cela d’autant que 120 officiers algériens avaient été formés par une filiale sud-africaine du groupe américain Northrop Grumann, spécialisée dans ce domaine.

L’Algérie et l’Afrique du Sud avaient signé depuis plusieurs accords de partenariat dans le domaine militaire. Le rapport de la NCACC révèle par ailleurs que les exportations globales sud-africaines ont atteint 3,1 milliards de rands en 2003, soit une hausse de 20 % par rapport à l’année précédente.

Le quotidien anglophone relève que le rapport 2003 a été élaboré en retard en raison de lenteurs dans la conclusion des contrats de livraison des équipements à leurs destinataires, soulignant que le rapport 2004 devrait être, toutefois, rendu public dans les tout prochains jours.

Le rapport 2004 devrait donner un nouvel aperçu sur l’étendue des importations militaires algériennes d’Afrique du Sud, deux partenaires stratégiques dans le continent africain. Z. M.

   
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