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Un
ex-colonel algérien accuse l'armée
d'avoir "créé" le GIA
PARIS, 18 sept (AFP)
"L'armée algérienne a manipulé les islamistes pour
alimenter la terreur et se maintenir au pouvoir" : dans un livre coup de
poing, un ancien haut responsable du renseignement d'Alger accuse l'armée
d'avoir en partie "créé" le sanglant GIA (Groupe islamique
armé).
Présent jeudi à Paris pour une conférence de presse destinée à promouvoir
son ouvrage "Chronique des années de sang" (Denoël),
Mohammed Samraoui, aujourd'hui réfugié politique en Allemagne,
a tenu à nier appartenir à l'autre "camp", affirmant être "un
opposant résolu de l'islamisme radical".
Visage rond, barré d'une fine moustache, voix discrète et langage
choisi, cet homme de 50 ans a notamment été l'adjoint du chef
de la Direction du contre-espionnage (DCE) Smaïn Lamari de 1990 à 1992,
avant d'être nommé responsable de la Sécurité militaire
(SM) en Allemagne où il déserte en 1996.
Sa thèse : les groupes islamistes ont été instrumentalisés
par les services secrets bien avant et longtemps après l'interruption
du processus électoral de janvier 1992 - censé préserver
le pays du FIS (Front islamique de salut) - de manière à terroriser
le peuple et présenter l'armée comme le seul recours.
De manière précise, Mohammed Samraoui raconte comment tel ou
tel petit voyou s'est du jour au lendemain retrouvé "émir" dans
le maquis, selon lui avec l'aide de l'armée, comme le sanglant Djamel
Zitouni, ex-chef du Groupe islamique armé (GIA) qu'il estime être
un terroriste "à la solde des généraux".
Baptisé "émir national" du GIA de 1994 jusqu'à sa
mort en 1996, cet ancien vendeur de poulets analphabète devenu chef
de guerre revendiquera certaines des actions les plus spectaculaires du groupe
: détournement de l'Airbus d'Air France en 1994, attentats de Paris
en 1995, exécution des moines de Tibéhirine.
La France complice
"Il y a eu en fait trois GIA : celui des désoeuvrés, des extrémistes,
des éléments isolés du FIS; celui issu des anciens prisonniers
des camps de sûreté, où étaient infiltrés des
agents du DRS (Département des renseignements et de sécurité);
et enfin un GIA créé de toute pièces", a-t-il expliqué à la
presse.
Dans son livre, les services secrets français ne sont pas épargnés,
accusés d'avoir par complaisance pour leurs homologues algériens
laissé prospérer des agents compromis avec les islamistes.
"Il y avait un deal entre le DRS et la DST (Direction de la surveillance
du territoire, contre-espionnage, ndlr). Le premier avait des agents qui opéraient
en France, infiltrant les islamistes. Ces agents renseignaient la DST, qui en échange
les protégeait", a-t-il raconté.
C'est ainsi qu'Ali Touchent - que Samraoui, accuse d'être un agent des
services algériens connu des autorités françaises - a été envoyé en
Europe pour commettre des attentats, notamment ceux de Paris en 1995.
"On ne peut pas imputer ces attentats à la DST. Mais si elle avait
fait preuve de plus de vigilance ils auraient pu être évités",
affirme-t-il.
Alors qu'il s'était déjà exprimé en France à l'occasion
du procès en diffamation intenté à un ancien militaire,
Habib Souaïdia, par l'ancien ministre de la Défense algérien
Khaled Nezzar, en juillet 2002, il a assuré n'appartenir à "aucun
parti" politique.
Quant au fait que son ouvrage sorte alors qu'à démarré à Alger
une virulente bataille électorale pour la présidentielle de 2004,
il jure aussi qu'il s'agit d'une "coïncidence".
("Chronique des années de sang", éditions Denoël,
316 pages, 19 euros)
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Un ex-colonel
algérien raconte la "manipulation" des
islamistes par l'armée
PARIS, 18 sept
(AFP)
Mohammed Samraoui,
ex-colonel des services de renseignement algérien
aujourd'hui réfugié en Allemagne, a témoigné jeudi à Paris
de la "manipulation des islamistes par les services secrets" d'Alger,
thèse qu'il défend dans son livre "Chronique des années
de sang".
Agé de 50 ans, cet officier a notamment été l'adjoint
du responsable de la Direction du contre-espionnage (DCE) Smaïn Lamari
de 1990 à 1992, avant d'être nommé responsable de la Sécurité militaire
(SM) en Allemagne, pays où il a finalement choisi de déserter
en 1996 et où il vit comme réfugié politique.
Sorti jeudi aux éditions Denoël, son ouvrage est sous-titré "comment
les services secrets ont manipulé les groupes islamistes".
Sa thèse: les groupuscules islamistes violents ont été instrumentalisés
par les services secrets bien avant et longtemps après l'interruption
du processus électoral de janvier 1992 - censé préserver
le pays face à l'ascension du FIS (Front islamique de salut) - de manière à terroriser
le peuple et présenter l'armée comme le seul recours.
De manière précise, citant les dates des faits qu'il rapporte,
les noms des militaires qu'il cite, Mohammed Samraoui raconte comment tel ou
tel petit voyou s'est du jour au lendemain retrouvé "émir" dans
le maquis, selon lui avec l'aide de l'armée, comme le sanglant Djamel
Zitouni, ex-chef du Groupe islamique armé (GIA) qu'il estime être
un terroriste "à la solde des généraux".
"Il est hors de question de nier les crimes des islamistes, de les absoudre",
s'est-il défendu à l'occasion d'une conférence de presse,
tout comme il a nié appartenir à "aucun parti" algérien. "Ce
livre coïncide avec la pré-campagne électorale (la présidentielle
du printemps 2004, ndlr) mais c'est un hasard total", a-t-il aussi assuré.
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