| |
|
REFORME
DE LA JUSTICE
Charfi
passe à la vitesse supérieure
Le
Soir d'Algerie, 22 janvier 2003
Des recommandations
de la dernière rencontre portant sur la présomption d’innocence
seront faites à l’étude par la commission chargée
d’introduire les nouvelles dispositions dans le code de procédure
pénale. Parmi ces dernières figurent notamment la consolidation
du droit de la défense, qui sera concrétisée notamment
par l’assistance de l’avocat de son client lors de la présentation
de ce dernier devant le procureur de la République.
Cette annonce a été faite hier par le ministre de la Justice
lors d’une conférence de presse qui a suivi la signature
de l'accord, relatif à un programme d'appui à la modernisation
du secteur de la justice et à sa réforme. L’accord
en lui-même a été signé par le ministère
de la Justice algérien et le cordonnateur des Nations unis en Algérie.
Le ministre algérien a également évoqué d’autres
questions relatives à la réforme de la justice algérienne.
Il s’agit particulièrement du statut du magistrat et de l’indépendance
vis-à-vis de la chancellerie. A ce titre, le ministre de la Justice
et garde des Sceaux dira que "l’indépendance de la justice
n’a pas été perçue à sa juste valeur."
Il fera savoir par ailleurs que les deux textes seront proposés
le 29 janvier prochain au Conseil du gouvernement. Cela dit, M. Charfi
a saisi cette opportunité pour indiquer que la restauration de
l'Etat de droit est ''une quête permanente'', tout comme l'est la
réforme de la justice, qu'il a qualifiée de ''processus
interminable''. Interrogé sur de probables antagonismes entre la
Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits
de l'homme et la direction générale des droits de l'homme
installée au niveau de son département, le ministre de la
justice a estimé que ''plus on est nombreux, et mieux c'est pour
les droits de l'homme'', soulignant que ces deux institutions travaillent
''en parfaite complémentarité et synergie''. M. Charfi a
également tenu à indiquer que la concrétisation de
l'indépendance du magistrat est au cœur de la réforme
de la justice qui passe par l'élimination de ''toutes les sources
de contraintes''. Selon lui, "les magistrats algériens ont
une formation généraliste. C'est pourquoi, a-t-il poursuivi
, notre préoccupation première est de mettre en place des
pôles de magistrats spécialisés qui s'intéresseraient
aux dossiers du blanchiment d'argent ou à la cyber-criminalité,
par exemple''. Pour rappel, les accords signés entre le ministre
de la Justice, garde des Sceaux, M. Mohamed Charfi, et le coordonnateur
résident des Nations unies portent sur le programme d'appui à
la modernisation du secteur de la justice et à sa réforme,
à travers la réalisation d'un établissement de réinsertion
sociale des détenus. A travers ce projet, les personnes admises
au régime de réinsertion auront la possibilité d'accéder
à l'exploitation, pour leur compte, des terres qu’elles mettrront
en valeur, durant leur séjour.
Abder Bettache
|
|
|