Mutinerie de Serkadji en 1995

Le procès s’ouvre avec Laâyada comme témoin

Le Soir d'Algérie, 7 novembre 2007

Il sera entendu aujourd’hui comme témoin au procès de la mutinerie de Serkadji de 1995 ; Abdelhak Laâyada y sera présent aujourd’hui. Ce dernier est considéré comme un apport très important lors de ce procès. Un procès où Hamid Mébarki, le principal accusé dans l’affaire de la mutinerie de Serkadji de 1995, s’ouvre aujourd’hui au tribunal d’Alger ; ce dernier a été déjà condamné par le tribunal de Sidi M’hamed à la perpétuité en 1997. Trois ans après soit en 2000, les avocats de la défense ont introduit un pourvoi en cassation ce qui a permet par la suite de rejuger Hamid Mébarki une deuxième fois dans cette affaire. Ce dernier, faut-il le rappeler, travaillait comme gardien dans cet établissement pénitentiaire et était considéré par la justice comme le principal inculpé dans cette affaire (troubles dans cette prison) afin de permettre une tentative d’évasion de centaines de prisonniers, tous des sympathisants de l’ex-Fis et qui a engendré par la suite la mort d’une centaine d’entre eux. D’autre part, quinze personnes impliquées dans cette affaire ont bénéficié l’année dernière de l’amnistie par la loi de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Cet accusé principal devra répondre aujourd’hui du chef d’accusation de complicité dans la mutinerie. Pour rappel, les faits remontent à la nuit du 21 février 1995, où une tentative d’évasion collective est alors organisée par quatre détenus, tous jugés dans des affaires de terrorisme avec l’aide de Hamid Mébarki, et ce, dans les cellules 25 et 26 réservées aux condamnés à mort. Suite à l’échec de cette tentative, les prisonniers ont alors transformé leur tentative d’évasion en mutinerie dans cette prison de Serkadji où plus d’une centaine de détenus et deux gardiens ont trouvé la mort.

Par S. Abi


Il y a douze ans, 96 prisonniers et 4 gardiens y ont trouvé la mort

Hamid Mebarki, l’accusé principal dans l’affaire de la mutinerie de Serkadji, rejugé aujourd’hui

Par Hasna Yacoub , La Tribune, 7 Novembre 2007

Le procès de Mebarki Hamid, le principal accusé dans la mutinerie à la prison de Serkadji, des 21 et 22 février 1995, qui s’est terminée dans un bain de sang avec la mort de 96 détenus et 4 gardiens, s’ouvre aujourd’hui pour la troisième fois en douze ans. Il est le seul inculpé à comparaître de nouveau devant le tribunal criminel près la cour d’Alger. Accusé de participation à un homicide volontaire avec préméditation, séquestration, destruction du bien d’autrui et aide à l’évasion des prisonniers, l’ex-gardien des cellules des condamnés à mort est le seul prévenu à avoir été condamné à la réclusion à perpétuité dans cette affaire.
Le premier procès qui a eu lieu début janvier 1998 et qui a duré treize longues journées s’était clos sur seize acquittements et neuf peines capitales, dont huit par contumace, ainsi que par des peines de deux à huit années de réclusion criminelle. Les prisonniers, condamnés, avant la mutinerie, dans des affaires de terrorisme à de très lourdes peines, ont constitué la majorité des seize prévenus ayant assisté au deuxième procès en appel de 2001 où seul Mebarki avait été condamné à perpétuité. L’acquittement avait été prononcé pour les quinze autres.
Lors du premier procès, la défense s’est vu refuser l’audition de témoins ayant assisté de près aux événements de la nuit du 21 au 22 février 1995 : Lembarek Boumaarafi, reconnu coupable de l’assassinat du président Boudiaf, Abdelhak Layada, ex-chef du GIA (Groupes islamiques armés) et Abdelkader Hachani, leader du FIS (dissous) en détention provisoire à Serkadji au moment de la mutinerie. Ce dernier, assassiné en novembre 1999, a joué un rôle crucial pendant la mutinerie puisqu’il a été le médiateur entre les mutins et les forces de sécurité.
Lors du deuxième procès, des zones d’ombre n’ont pas été levées. Mebarki avait soutenu que «les services de sécurité étaient avisés des détails du plan d’évasion, deux mois avant qu’elle ait eu lieu». Il avait reconnu, en 2001, avoir fait une copie, à partir d’un moule sur de la pâte à modeler, de la clé qui ouvre l’une des serrures de la cellule, située dans l’aile des condamnés à mort, des quatre prisonniers qui ont échafaudé le plan d’évasion sous «la menace». Mais Mebarki reconnaît avoir fait la copie d’une clé, alors que les cellules des condamnés à mort, ouvertes et non cassées, en nécessitent chacune deux. Aux trousseaux des «deuxièmes clés», Mebarki ne peut pas accéder, selon les témoignages du directeur de la prison et son adjoint. L’inculpé avait également déclaré que les armes, quatre Beretta et deux grenades, lui ont été remises par le frère de Bouakaz «dans une boîte de kalbellouz». Il avait nié toutes les autres accusations. Douze ans après, l’affaire Serkadji refait surface. Une dernière chance s’offre à Mebarki dont le dernier mot, en 2001, a été : «Tout ce que je demande, pas seulement à ceux qui vont me juger, mais aussi à tous les présents dans cette salle, est d’essayer de se mettre à ma place dans les circonstances de 1994-95, où c’était le GIA qui faisait régner sa loi».

H. Y.

 

 

Rapport préliminaire sur le carnage de Serkadji (juillet 1995)

 
www.algeria-watch.org