LA CHAÎNE III LANCE LE DÉBAT

Faut-il abolir la peine de mort ?

Le Soir d'Algérie, 25 juillet 2004


Certains sont pour son maintien, notamment pour les crimes de sang, d’autres estiment que l’Algérie se doit d’abolir définitivement cette «peine barbare», d’autant que notre pays est signataire de l’ensemble des conventions internationales sur le droit humanitaire. Dans une enquête signée Djawida Azzoug, la Chaîne III est revenue, hier, sur ce sujet sensible.
Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - «La peine de mort n’a pas été appliquée en Algérie depuis septembre 1993. A l’époque, 231 condamnés à mort ont vu leurs peines commuées en emprisonnement à perpétuité ou à des peines de 20 ans de réclusion», affirmait, hier, sur les ondes de la III, Abdelkader Sahraoui, chef de cabinet du ministère de la Justice. Abdelkader Sahraoui qui révélera que son département était sur le point de présenter au gouvernement un projet d’abolition «graduelle» de la peine de mort. «Les crimes de sang, la trahison, le terrorisme, l’espionnage et le complot contre l’intégrité de l’Etat», ne seront pas concernés par cette mesure, précisera ce responsable. «Il faut savoir que l’Algérie a de tout temps été à la tête des pays qui luttaient contre l’abolition de cette peine», notera pour sa part le militant des droits de l’homme, Boudjemaâ Ghachir. Ce dernier ajoutera que ce changement est principalement dû au rapprochement initié depuis quelques années par les pays européens. L’Algérie étant signataire de conventions internationales sur le droit humanitaire, elle se doit donc de mettre ses lois internes en adéquation avec ces textes. L’abrogation de la peine capitale pourrait également être une solution pour la récupération de personnes en fuite à l’étranger et que certains pays refusent d’extrader en Algérie à cause de son application. Interrogé à ce sujet, Abdelkader Sahraoui précisera que la volonté d’abolir cette peine ne répondait pas uniquement à cette attente, mais il avouera cependant que la justice algérienne est toujours confrontée à cette problématique. En fait, toutes les personnalités approchées par Djawida Azzoug se diront pour l’abolition de cette sanction. A l’exception peut-être de Azzouz Naceri, député FLN, ex-président de la commission juridique de l’APN, qui avouera être contre «une abrogation systématique. » La journaliste donnera enfin la parole aux représentants des partis politiques : tant le PT, le RND, le FFS que les islamistes d’El Islah seraient pour son abolition. Djawida Azzoug a clos son enquête en précisant que le projet du gouvernement ne devrait donc pas rencontrer d’opposition politique.
T. H.

   
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