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Le
système
judiciaire change d'organisation
De
nouveaux tribunaux
El
Watan, 30 décembre 2004
Les
grands traits du nouvel appareil judiciaire algérien commencent progressivement à prendre
forme. Le Conseil des ministres a approuvé, hier, un avant-projet de loi
organique portant organisation judiciaire préconisant, en effet, un schéma
d'organisation intégrant trois nouvelles entités judiciaires :
l'Ordre judiciaire ordinaire, l'Ordre judiciaire administratif et le Tribunal
des conflits.
Cet avant-projet de loi est destiné, précise le communiqué du
Conseil des ministres rendu public le même jour, à « prendre
en charge les réformes institutionnelles introduites par la Constitution
du 28 novembre 1996 et l'évolution du contexte économique et social,
aux plans interne et externe, caractérisée par la libéralisation
de l'économie et l'émergence de nouvelles formes de contentieux ».
L'Ordre judiciaire ordinaire, mentionne-t-on, s'articule autour de la Cour suprême,
des cours et des tribunaux alors que l'Ordre judiciaire administratif comprend
le Conseil d'Etat et les tribunaux administratifs. Le Tribunal des conflits est,
quant à lui, institué en tant que juridiction de règlement
des conflits entre les juridictions de l'Ordre judiciaire et celles de l'Ordre
administratif. Cette dernière structure, souligne le communiqué du
Conseil des ministres, est composée d'un président et de six magistrats,
dont trois issus de la Cour suprême et trois du Conseil d'Etat. Ses décisions
ne sont, par ailleurs, pas susceptibles de recours. Une autre nouveauté :
l'organisation judiciaire consignée dans cet avant-projet de loi inclut,
dans son schéma, le tribunal militaire et les pôles judiciaires
spécialisés à compétence territoriale étendue,
créés auprès de certains tribunaux. Le communiqué du
Conseil des ministres indique, en outre, que le schéma d'organisation
fixe à dix le nombre de sections composant le tribunal et à dix
le nombre de chambres composant la cour et détermine la composition en
magistrats de chaque cour et de chaque tribunal. L'on précise aussi que
le tribunal statue, sauf dérogation de la loi, à juge unique, tandis
que la cour statue en formation collégiale. Le compte rendu du Conseil
des ministres mentionne que l'avant-projet de loi organique portant organisation
judiciaire prévoit également « l'institution, au niveau
de chaque cour, d'un tribunal criminel compétent pour connaître
des faits qualifiés crimes, délits et contraventions qui leur sont
connexes ainsi que des crimes qualifiés d'actes subversifs et terroristes ».
Le tribunal criminel, est-il mentionné, statue en dernier ressort, avec
trois magistrats professionnels assistés par deux assesseurs jurés.
L'on ajoute que le nouveau dispositif introduit le principe de la classification
des juridictions qui interviendra par arrêté du ministre de la Justice,
après avis du Conseil supérieur de la magistrature. En plus des
mesures prévues par cet avant-projet de loi, le président Bouteflika
a, par ailleurs, demandé à encourager les efforts de recherche
de « voies alternatives de règlement des différends » impliquant
le système judiciaire, les organisations professionnelles, la société civile
et d'autres acteurs économiques et sociaux pour pallier « l'étouffement
des juridictions sous le volume des affaires et le désarroi du citoyen
face à la lenteur de la justice ». Des efforts, a-t-il dit,
pouvant être concrétisés « à travers la
mise en place de mécanismes de médiation, de transaction, de conciliation
et d'arbitrage ».
Zine Cherfaoui
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