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Tibéhirine : la thèse de la bavure confortée par RondotMathieu Delahousse, Le Figaro, 09 décembre 2009 Sur cette photo non-datée figurent six des sept moines trappistes enlevés et assassinés en 1996. Crédits photo : AFP Philippe Rondot se rend dès le 5 avril 1996 à Alger. Les moines ont été enlevés dix jours plus tôt. La France pense à ce moment-là qu'ils se trouvent dans l'Atlas, non loin de Blida, et l'hypothèse qu'ils soient aux mains du GIA (Groupe islamique armé) de Djamel Zitouni circule déjà. On sait que les religieux seront retrouvés morts deux mois plus tard, les autorités ne découvrant que leurs seules têtes. Avant même cette issue fatale et l'hypothèse d'une bavure des hélicoptères de l'armée algérienne que l'ancien attaché militaire à l'ambassade de France à Alger, le général Buchwalter, a évoquée lors d'une audition l'été dernier, devant le juge d'instruction Marc Trévidic, le général Rondot affiche son analyse de l'affaire. Dans une note intitulée «considérations (amères) sur la gestion de l'affaire des moines de Tibéhirine et propositions (malgré tout) d'action», l'officier fait ainsi le point à ses supérieurs de la DST et sur la difficulté à agir. «Nous ne pouvons rester plus longtemps dans l'expectative, écrit-il, en restant dépendants au plan du renseignement et de l'action des services algériens, lesquels ont sans doute d'autres impératifs. » Philippe Rondot ajoute même que les autorités algériennes «peuvent être tentées de régler brutalement ce qu'ils considèrent comme un simple fait divers ». Le maître espion français, qui avait sur place contacté à plusieurs reprises le général Smaïn Lamari, chef de la sécurité militaire, expose donc un point de vue que les autorités diplomatiques partagent. «Il faut en tout état de cause éviter de nous laisser entraîner par les Algériens dans leur logique de justification sécuritaire et de nous laisser mettre sur le côté comme ils avaient tenté de le faire lors du détournement de l'Airbus », lisait-on par exemple dans une note rédigée au Quai d'Orsay au lendemain du rapt. Issues de trois ministères, toutes ces pièces, désormais déclassifiées, sont entre les mains du juge antiterroriste Marc Trévidic qui avait relancé le dossier à la suite du témoignage du général Buchwalter. Plusieurs auditions dans les mois qui viennent Dans les mois qui viennent, plusieurs auditions pourraient être conduites afin de confirmer les éléments alors écrits par militaires et diplomates. La problématique d'une éventuelle manipulation et infiltration du GIA de Djamel Zitouni par la sécurité militaire devrait également être à nouveau soulevée. Dans les notes de la DST et de la DGSE récemment déclassifiées par les ministères de l'Intérieur et de la Défense, cet aspect est peu évoqué. |
L'affaire des moines de Tibhirine | ||||
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www.algeria-watch.org
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