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Le Président français prend position dans l’affaire des moines de tibhirine Sarkozy accuse l’Algérie de mensongesPar : Azzeddine Bensouiah, Liberté, 8 juillet 2009 Le président Sarkozy a jeté, hier, un pavé dans la mare en traitant l’État algérien de menteur dans l’affaire des moines de Tibhirine et en exigeant la vérité des autorités algériennes et la levée du secret-défense en France. Les “révélations” du général à la retraite, François Buchwalter, sur l’affaire des moines de Tibhirine n’ont pas fini de secouer le cocotier politico-sécuritaire français. Une affaire qui sent la manipulation à mille lieues et dont les puanteurs remontent présentement à la surface, n’épargnant aucun acteur français, jusqu’au sommet de l’État. Après l’affaire Clearstream, révélée par le général Philippe Rondot — également partie prenante dans l’affaire de Tibhirine —, voici venu un nouveau feuilleton dans la guéguerre franco-française, par services de renseignements interposés. Interrogé pour savoir s’il était favorable à la levée du secret-défense sur cette affaire, M. Juppé a répondu que “je ne vois pas ce qu’il y a à cacher sur ce drame”, a-t-il dit. Pour sa part, Hervé de Charette, alors ministre des Affaires étrangères, a affirmé mardi n’avoir pas été informé à l’époque d’une possible “bavure” de l’Armée algérienne, qualifiant un témoignage en ce sens de “énième version”, sur la chaîne d’information en continu LCI. “J’ai entendu : ce sont des conflits internes entre les civils et les militaires algériens ; j’ai entendu : ce sont des règlements de comptes menés par les services spéciaux algériens ; j’ai entendu : c’est une action du GIA (Groupe islamique armé) d’ailleurs c’était la version officielle ; puis on a dit, ah mais non, c’est une action du GIA mais menée par un groupe très spécial conduit par un dénommé Zitouni mais qui est manipulé par les autorités algériennes”. “Voici donc la quatrième ou cinquième version de ces faits. Moi je m’en tiens à ce que je sais, à ce que j’ai pu voir, et pour le reste malheureusement cela restera dans les mystères de l’Histoire”, a-t-il estimé. Que sait-il ? Qu’a-t-il vu ? Mystère et boule de gomme. “J’ai l’impression maintenant que l’ensemble des hautes autorités (françaises) concernées de l’époque étaient complètement au courant de ce qui s’était passé, qu’elles n’étaient pas dupes”, a indiqué M. Marsaud. “Les informations, qui ont été données par les services de renseignement français en Algérie, étaient bien remontées mais il y avait une volonté de ne pas investiguer”, a ajouté l’ancien député de droite, proche de Charles Pasqua. Et d’ajouter : “C’est une affaire qui a été enterrée volontairement”. En revanche, c’est l’attitude du président français qui paraît la plus troublante de toutes les réactions enregistrées jusque-là. Après avoir déclaré, ce lundi, que “la justice doit aller jusqu’au bout”, dans cette affaire, il est revenu à la charge, ce mardi, pour accuser l’État algérien de “mensonge”. Une accusation qui ne manquerait pas d’influer négativement sur les relations entre les deux pays. Si, pour le moment, aucune réaction officielle n’est venue d’Alger, pas même une convocation de l’ambassadeur de France à Alger, il est clair que les accusations de Nicolas Sarkozy ne passeront pas inaperçues. “Je vous dis une chose, je veux la vérité. Les relations entre les grands pays, elles s’établissent sur la vérité et non pas sur le mensonge”, a déclaré le président français lors d’une conférence de presse avec son homologue brésilien Inacio Lula da Silva à Paris. “On ne peut pas dire que l’amitié entre les peuples et entre les pays peut résister aux mensonges. Il faut faire la lumière, il n’y a rien à cacher. En tout cas de mon point de vue, je suis vraiment déterminé à ce que la lumière soit faite”, a-t-il conclu. Le chef de l’État français accuse, à plusieurs reprises, l’État algérien de mensonge dans l’affaire de Tibhirine. Pourtant, le président Sarkozy avait affirmé, la veille, que lui-même avait fait le déplacement sur place, au moment des faits. Pourquoi n’avait-il rien dit depuis ce temps-là ? Cette seconde sortie du président français, en 48 heures, contredit sa première déclaration où il affirmait : “Que puis-je dire maintenant si ce n’est compliquer le travail de la justice ? On verra à l’issue de cette instruction ce qu’il en sera. Que la justice fasse son travail, aille jusqu’au bout de son travail, je n’ai pas d’autres commentaires à faire”. N’est-il pas en train d’influer sur le travail de la justice en accusant Alger d’avoir menti ? Qu’est-ce qui a fait changer d’avis le président français, en quelques heures seulement ? La cacophonie qui caractérise le discours des officiels français et autres hauts gradés directement impliqués dans cette affaire renseigne sur les dérives d’une crise latente entre les services de renseignement français et les lobbies qui se livrent depuis des années une guerre sans merci dans les tribunaux sans jamais livrer la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. On l’a vu avec les affaires de l’Angola Gate, ou encore avec l’affaire Clearstream. On le constate actuellement avec les moines de Tibhirine. Mais, dans cette dernière affaire, au lieu de rester dans la cuisine franco-française, on veut impliquer Alger, histoire de faire diversion, et quitte à ce que les relations bilatérales en subissent les contrecoups. Azzeddine Bensouiah Alliot-Marie annonce des investigations supplémentairesPar :Rédaction de Liberte La ministre française de la Justice Michèle Alliot-Marie a promis, hier, “tous les moyens pour mener à bien” l'enquête sur le massacre des sept moines de Tibhirine en 1996 en Algérie, annonçant des “investigations supplémentaires” après le récent témoignage Quand Chirac s’inquiétait pour les religieux en AlgériePar :Rédaction de Liberte À l'époque de l'enlèvement et de l'exécution des moines de Tibhirine, que les révélations du général Buchwalter ont remis sur le devant de l'actualité, Jacques Chirac autorisa une démarche secrète envers le Vatican. Le Quai d'Orsay saisit la papauté du statut des religieux catholiques installés en Algérie, tous ou presque français, même si nombre d'entre eux avaient également la nationalité algérienne. “Nous avons fait savoir au Vatican qu'il convenait d'envisager leur rapatriement, puisque la menace était forte et qu'il n'y avait presque plus de chrétiens en Algérie, se souvient un officiel français de l'époque. La France supportait beaucoup de tracas à cause de cette présence. La demande diplomatique a transité par monseigneur Jean-Louis Tauran, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États. Un mois plus tard, le Vatican a fait connaître sa réponse : il n'était pas question pour les ordres concernés de déserter l'Algérie. L’Express du 7 juillet 2009 DérapagesPar :Salim Tamani Sarkozy, qui a jeté ce pavé dans la mare en présence du président brésilien Inacio Lula da Silva, ami proche de Bouteflika, a inévitablement transgressé les règles de respect mutuel et de retenue qu’exige la fonction de chef d’État. Nicolas Sarkozy a ôté son costume de président de la République pour assumer les élucubrations d’un général à la retraite qui a imputé l’assassinat des moines de Tibhirine à l’Armée algérienne. En reprenant à son compte les propos de cet ancien attaché militaire à l’ambassade de France à Alger, le président français prend parti et accuse l’Algérie de cacher la vérité, allant même plus loin en considérant que “les relations entre deux grands pays se construisent sur la vérité et non pas sur le mensonge”. S. T.
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L'affaire des moines de Tibhirine | ||||
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www.algeria-watch.org
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