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La justice saisie de l'affaire des moines français de Tibéhirine Libération, 9 décembre 2003 PARIS - La famille d'un des sept moines français de Tibéhirine, en Algérie, enlevés et assassinés au printemps 1996, a déposé plainte mardi à Paris contre "X" pour "enlèvement, séquestration et assassinat", a annoncé à Reuters son avocat, Me Patrick Baudoin. Huit membres de la famille du père Christophe Lebreton, auxquels s'est associé Armand Veilleux, haut responsable de l'ordre monastique des cisterciens, souhaitent que la justice française enquête sur des rumeurs selon lesquelles les moines auraient été les victimes d'une "bavure" des services secrets algériens et non de la guerilla islamiste. "Compte tenu de certaines révélations et de nouveaux éléments, il paraît indispensable que la justice cherche à établir la vérité,", a dit Me Baudoin à Reuters. Sa plainte avec constitution de partie civile entraînera automatiquement la désignation d'un juge d'instruction dans les prochaines semaines. Les sept moines français avaient été enlevés dans leur monastère, à 100 km d'Alger, dans la nuit du 26 au 27 mars 1996. Leur mort avait été annoncée par un communiqué du Groupe islamique armé (GIA) le 21 mai. Leurs corps décapités avaient été retrouvés le 30 mai. Alger a expliqué que ce crime avait été commis par la guerilla islamiste qui a ensanglanté le pays depuis 1992, date de l'interruption du processus électoral. Des rumeurs mettant en cause le régime algérien circulent cependant sur l'affaire. "AUCUNE CREDIBILITE JURIDIQUE" Cette thèse voudrait que les moines aient été enlevés par des éléments islamistes manipulés par les services secrets algériens et conduits par le chef du GIA de l'époque, Djamel Zitouni, un agent double présumé. Suivant cette version, reprise par la famille Lebreton dans sa plainte, le but supposé de l'enlèvement aurait été, avec une libération rapide des otages, de redorer le blason du régime algérien à Paris. La manipulation aurait cependant échoué, de "vrais" islamistes ayant capturé les moines avant de les assassiner. Cette version a été diffusée en France par le quotidien Libération, avec le récit, publié en décembre dernier, d'Abdelkader Tigha. Cet homme, qui se présente comme un ancien cadre des services secrets algériens, est détenu depuis trois ans à Bangkok et ne cache pas qu'il cherche à sortir de prison en échange de ses "révélations". En visite à Alger le 3 mars dernier, le président Jacques Chirac avait jugé que la thèse d'une implication des forces de sécurité algériennes n'avait "pour le moment aucune crédibilité juridique". L'ancien magistrat antiterroriste Alain Marsaud, devenu député UMP, avait demandé en décembre 2002 l'ouverture d'une enquête en France. L'église catholique a toujours fait savoir qu'elle n'avait aucun élément d'information venant appuyer la "théorie de la conspiration". Voir aussi |
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www.algeria-watch.org
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