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Tibéhirine: une affaire "enterrée volontairement", selon l'ancien juge Marsaud7 juillet Ecouter les propos de Alain Marsaud sur Europe 1 BORDEAUX (AFP) — Le massacre des sept moines français de Tibehirine (Algérie) en 1996 est une affaire qui a été "enterrée volontairement" par les autorités françaises, a affirmé mardi l'ancien juge anti-terroriste et ex-député UMP de Haute-Vienne Alain Marsaud. "J'ai l'impression maintenant que l'ensemble des hautes autorités (françaises, ndlr) concernées de l'époque étaient complètement au courant de ce qui c'était passé, qu'elles n'étaient pas dupes", a séclaré à l'AFP M. Marsaud, interrogé par téléphone. "C'est une affaire qui a été enterrée volontairement", a-t-il souligné. "Les informations qui ont été données par les services de renseignements français en Algérie étaient bien remontées, mais il y avait une volonté de ne pas investiguer", a ajouté l'ancien magistrat, proche de Charles Pasqua. En 1996, M. Marsaud, ancien chef du Service central de lutte antiterroriste (SCLAT) du parquet de Paris, avait reçu dans son bureau de l'Assemblée nationale "la visite de quelqu'un qui se présentait comme étant un membre des services de renseignements algériens". Ce visiteur envoyé par un officier français était venu lui "expliquer que l'affaire des moines était beaucoup plus compliquée qu'on ne le disait et qu'il ne s'agissait pas d'une opération GIA (Groupe islamiste armée, ndlr) avec enlèvement et assassinat, mais d'une opération montée par les services algériens ou par l'armée algérienne", a indiqué M. Marsaud. A la suite de ces révélations, M. Marsaud affirme avoir adressé deux lettres au Garde des Sceaux de l'époque, Jacques Toubon, "pour lui demander l'ouverture d'une information judiciaire". Mais M. Toubon lui avait déclaré plus tard, "dans une conversation à l'Assemblée nationale (...), qu'il n'était pas question d'ouvrir une information", a raconté l'ancien parlementaire. "C'est la raison pour laquelle j'ai demandé à une soeur des moines de se constituer partie civile", a expliqué M. Marsaud. "Il semble, a-t-il ajouté, qu'elle y ait été empêchée par les interventions de membres de services de renseignements lui ayant comprendre que cela ne servirait à rien". La plainte n'a alors pas été déposée. M. Marsaud a indiqué cette attitude de la France s'expliquait par le fait qu'elle ait été frappée en 1995 par des attentats revendiqués par le GIA. "Le gouvernement algérien, a-t-il souligné, a exercé une sorte de chantage sur le gouvernement français, à savoir qu'il menaçait de nous aider ou pas, selon la posture diplomatique que l'on prendrait à son égard". "La France dans cette affaire a préféré les bonnes relations avec le gouvernement algérien pour préserver la paix publique en France, c'est tout", a-t-il déploré. M. Marsaud, qui demande la levée du secret défense, a affirmé que les informations de l'époque ne mentionnaient pas "une intervention par hélicoptère" de l'armée algérienne durant laquelle les sept religieux ont été tués. |
L'affaire des moines de Tibhirine | ||||
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www.algeria-watch.org
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