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Moines
de Tibhirine : le juge est prêt à explorer toutes
les pistes
Le Matin 27
mai 2004
Le juge français Jean-Louis Bruguière, en charge de l'enquête
sur l'assassinat en 1996 des sept moines trappistes français de
Tibhirine (Algérie), est prêt à explorer toutes les
pistes sur ces assassinats, a affirmé hier mercredi une partie
civile après une audition chez le magistrat. « Le juge nous
a indiqué qu'il était prêt à explorer toutes
les pistes dans le cadre du "spectre" le plus large possible »,
a déclaré le père Armand Veilleux, numéro
deux de l'ordre des cisterciens, après avoir été reçu
pendant près de deux heures par le magistrat. Le père Veilleux
et plusieurs proches des moines avaient déposé en décembre
2003 une plainte pour l'« enlèvement », la « séquestration » et
l'« assassinat » des sept moines, attribués aux Groupes
islamiques armés algériens (GIA).
Dans leur plainte, les parties civiles soulignaient que des témoignages
récents laissaient entrevoir une version plus complexe de l'enlèvement.
Elles avançaient que selon ces témoignages, la sécurité militaire
algérienne (DRS) avait pu jouer un rôle au moins indirect
dans l'enlèvement. Elles avaient déposé leur plainte
sans y ajouter la qualification « terroriste » afin, selon
elles, qu'aucune piste, y compris non terroriste, ne soit écartée.
L'instruction avait toutefois été confiée en février
au juge antiterroriste qui recevait mercredi pour la première
fois le père Veilleux. « J'espère que ce choix ne
traduit pas une orientation de départ tendant à accréditer
la version jusqu'à présent officiellement assenée »,
avait déclaré l'avocat de plusieurs proches des moines,
Me Patrick Baudoin.
Les moines avaient été enlevés dans la nuit du 26
au 27 mars 1996 à Tibhirine (80 km au sud d'Alger). Leur assassinat
avait été revendiqué par les GIA dans un communiqué du
21 mai 1996. Au cours de l'audition de mercredi, le juge et le religieux
ont également dressé une liste des témoins directs
susceptibles d'être entendus, a précisé le père
Veilleux. Un gardien algérien avait notamment assisté à l'enlèvement
de ces sept religieux de la communauté monastique de Notre-Dame
de l'Atlas. Par ailleurs, deux autres moines vivant actuellement au Maroc,
et qui étaient en visite au moment de l'enlèvement, avaient échappé aux
ravisseurs qui ignoraient leur présence. Un troisième religieux
se trouvant aujourd'hui en Algérie avait assisté ces deux
derniers lors des démarches entamées le lendemain pour
les retrouver.
AFP
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