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InvraisemblableEl Watan, 15 juillet 2009 En reprenant les propos du général et en les classant par étapes, nous pouvons avancer qu’il y eut des phases avérées : – Localisation du bivouac des terroristes par des hélicoptères de l’armée algérienne, dans une zone « vidée », donc hostile et ennemie. – Tirs depuis ces hélicoptères sur le campement. – Atterrissage d’un hélicoptère puis constat de la mort sept moines « criblés de balles ». – Compte rendu de l’équipage au Centre technique de recherches et investigations de Blida (1re Région militaire). Généralement, quand on tire par rafales sur tout être humain, son premier réflexe est de se mettre à l’abri (dans notre cas, se mettre derrière un arbre, un rocher), sinon d’adopter une posture offrant la plus petite surface possible au feu. Les cibles ainsi visées (terroristes et moines), si elles sont visibles, représentent des objectifs extrêmement difficiles à atteindre vu leur petitesse et leur mobilité. Deux possibilités sont envisageables pour « cribler » les corps : - 1) Il m’est quand même difficile d’admettre qu’après les tirs, l’hélicoptère se soit posé sur le site car représentant une zone hostile. A ma connaissance, ce cas de figure n’est valable que pour deux circonstances potentiellement risquées : mission de sauvetage de pilotes éjectés de leurs avions (SAR) ou mission de débarquement de commandos. Aucun état-major de par le monde ne peut conseiller ou ordonner une telle opération suicidaire infondée et irraisonnable, car sans dividende aucun, mais aussi et surtout qui conduit inéluctablement à la perte d’hommes et de matériel. Il est d’ailleurs stupéfiant qu’ils n’aient essuyé aucun tir ennemi lors de leur atterrissage. Etant donné que je n’arrive pas à trouver de réponse à ma question, je considère cette argumentation comme dénaturée et fausse. Pour information, cette année, un Hercules C-130 a essuyé des tirs d’armes automatiques en phase de courte finale (atterrissage) à Boufarik, considérée alors comme sécurisée. Je ne saurai donc surtout pas admettre que cet équipage ait pris des risques incommensurables pour constater les décès des moines afin d’en informer ce général par le biais d’un illustre inconnu jusqu’à présent du moins, ex-saint-cyrien de sa promotion et afin qu’il déballe cette invraisemblable histoire plus de treize ans plus tard, un 5 juillet, fête nationale... - 2) L’armement des hélicoptères utilisés par nos forces aériennes ne représente aucun secret. Il suffit de visiter l’un des innombrables sites internet spécialisés en aéronautique pour y trouver l’information recherchée. On y voit un sniper canadien tirant sur des talibans avec un fusil (donc tirant des balles et non des obus de canon) de calibre autrement moins imposant que les 12,7 mm équipant nos hélicoptères. Les snipers sont réputés ne tirer qu’une balle sur chaque cible. A chaque séquence, on voit comment des membres humains, des magmas formés de lambeaux de chair et d’os mélangés à la roche montagneuse afghane sont propulsés dans les airs, sous l’impact de la balle en tournoyant et voltigeant. On sera alors en mesure d’imaginer approximativement l’effarant effet qu’engendrera un impact non pas de balle mais d’obus de canon. Qu’en sera-t-il sous l’effet d’une rafale de ces derniers ? Or, ce général parle de corps criblés de balles. Si les impacts sont ceux de balles, cela ne saurait être l’œuvre des canons d’hélicoptère. S’il voulait donner du crédit à sa déposition en insinuant que les impacts sont ceux d’obus de 12,7 mm, il aurait dû alors formuler autrement sa description : en lieu et place de « corps criblés de balles », utiliser d’autres dénominations, à hauteur des résultats dévastateurs des obus, car dans ce cas ce serait plutôt des lambeaux de chair humaine, désintégrés sous l’effet des obus et projetés plusieurs mètres à la ronde. - L’auteur est : Officier à la retraite Par Amrani Belgacem |
L'affaire des moines de Tibhirine | ||||
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www.algeria-watch.org
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