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AFFAIRE DIDIER CONTANT
Sa
femme veut déposer plainte
L’Expression,
28 février 2004
L’affaire du journaliste français reporter indépendant,
Didier Contant, qu avait été trouvé mort au bas
d’un immeuble à Paris la semaine dernière, vient
d’être relancée par sa famille, cette dernière
a entamé des démarches pour déposer plainte auprès
de la justice française pour jeter l’éclairage sur
les conditions de cette mort suspecte et attaquer ceux qui l’avaient
assassiné ou poussé à se donner la mort soi-même,
apprend-on auprès des amis qu’avaient fréquenté le
journaliste à Blida. Ainsi, il est annoncé la venue en
Algérie de Mme Scherman, sa seconde épouse, dans le courant
de la semaine pour rencontrer les personnes susceptibles de lui fournir
un témoignage utile sur son mari, notamment dans les milieux journalistiques,
les associations humanitaires et les familles françaises qui avaient
rencontré ou hébergé Didier.
Elle doit se rendre en particulier à Blida et à Médéa,
où Didier avait effectué son reportage sur les circonstances
de l’assassinat des sept moines de Tibhirine. Cette décision
a été prise suite aux révélations parues
dans la presse algérienne, dont le journal L’Expression,
qui a été le premier à publier le contenu des derniers
appels téléphoniques de Didier à ses amis à Blida,
permettant ainsi de rejeter l’hypothèse du suicide, avancée
du côté français. Didier avait tenu à exprimer
ses craintes devant les accusations erronées et les menaces d’intimidation,
proférées par l’avocat Baudouin, de la Fédération
internationale des droits de l’homme, ainsi que le journaliste
de Canal+. Ces accusations ont influé sur les responsables du
Figaro Magazine qui avait refusé de publier la suite du reportage
de Didier en arguant du fait qu’il était favorable aux thèses
algériennes.
L’accusation est plus grave encore dans la mesure où le
journaliste français avait été traité de
vendu aux services de renseignements algériens, en le blessant
ainsi dans son amour-propre et sa dignité, alors que tous les
témoignages sur le séjour de Didier attestent de l’honnêteté du
travail effectué y compris dans les familles de souche française
résidant en Algérie qui l’avaient hébergé.
Ces dernières ont téléphoné au bureau régional
de L’Expression à Blida pour exprimer leur satisfaction
sur la publication des dernières déclarations de Didier
et les témoignages de ceux qui l’avaient connu pour défendre
sa cause et préserver sa mémoire.
B. SMAÏL
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