Suite à la mise en examen des deux ex-GLD algériens en France :

Les associations de victimes du terrorisme réagissent

par A. Timizar , Le Jeune Indépendant, 5 avril 2004


La Fédération internationale des associations de victimes du terrorisme (FIAVT) a réagi vivement contre «l’inculpation» et la mise en examen à Nîmes, en France, de deux ex-GLD, les frères Abdelkader et Hocine Adda Mohammed. Les deux frères ont été inculpés pour «actes de torture et de barbarie en Algérie et soupçonnés d’avoir participé à des rafles et à des exécutions perpétrées contre des islamistes dans la région de Relizane entre 1994 et 1997».

Dans un communiqué adressé hier à notre rédaction, la FIAVT estime que cette procédure de mise en examen de deux patriotes algériens «constitue un précédent d’une extrême gravité». La FIAVT interpelle les autorités du pays à se pencher sérieusement sur cette question.

Il faut souligner que ces poursuites sont les premières à être engagées contre des personnes ayant participé à la résistance contre le terrorisme et, aujourd’hui, soupçonnés d’être impliqués directement dans des assassinats.

A noter que les deux personnes ont fait l’objet d’une plainte déposée par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et la Ligue des droits de l’homme (LDH) sous le chef d’inculpation de «torture et crime contre l’humanité».

Les deux frères ont réfuté toute accusation portée à leur encontre et nient avoir participé à des exactions. A cet effet, la FIAVT s’élève contre cette accusation et appelle au nom du devoir de justice, de mémoire, de solidarité avec tous ceux qui ont permis à l’Algérie de rester debout, de réagir contre ceux qu’elle appelle «des groupes de pressions instrumentalisés à des fins néfastes non avouées qui ont toujours essayé de semer le doute quant aux commanditaires des actes terroristes».

De son côté, la FIDH et la LDH, à l’origine de la plainte, ont manifesté, hier, leur inquiétude suite à la mise en liberté sous contrôle judiciaire des deux ex-GLD. Les deux organisations des droits de l’homme reviennent à la charge pour demander au gouvernement français de «garantir le maintien» des inculpés à la disposition de la justice française.

A titre d’information, l’enquête est confiée au SRPJ de Montpellier. Rappelons que les corps de sécurité (groupes de légitime défense, GLD et les patriotes) ont été créés après l’instauration de l’état d’urgence en Algérie en 1992 afin de soutenir les forces de sécurité dans la lutte antiterroriste et de sécuriser leurs localités respectives.

A. T.

Voir aussi:
 Des cas disparitions de Relizane vont être jugés en France (K. Ihsane, 01.04.04)
 Désillusion pour les parents de disparus algériens à Nîmes (Libération, 01.04.04)
 La «sale guerre» algérienne rebondit en France (Libération, 31.03.04)

 Deux tortionnaires algériens mis en examen en France (31.03.04, pdf, 76 kb)

Les milices dans la nouvelle guerre d'Algérie (Algeria-Watch et Salah-Eddine Sidhoum, 12/03)

 

   
www.algeria-watch.org