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MISE EN EXAMEN DE DEUX «PATRIOTES» PAR LA JUSTICE FRANÇAISE Le retour du «Qui tue qui ?» Le Quotidien d'Oran, 5 avril 2004 La section algérienne de la Fédération internationale des associations victimes du terrorisme (FIAVT) a dénoncé la mise en examen, la semaine dernière, par la justice française de deux anciens patriotes établis dans l’Hexagone depuis 1998. Dans un communiqué, signé conjointement et rendu public hier, les responsables de l’Association nationale des familles victimes de terrorisme (ANFVT), de Djazaïrouna et de Soumoud se sont dits «révoltés de constater qu’à la veille d’une échéance capitale pour l’approfondissement du processus démocratique, la réinstauration de la paix et la stabilité en Algérie, des groupes de pression instrumentalisés à des fins néfastes non avouées et qui ont toujours essayé de semer le doute quant aux commanditaires des actes terroristes (...)». Les associations présidées par Fatma Zohra Flici, Cherifa Kheddar et Ali Merabet pointent d’un doigt accusateur, dans leur communiqué, les partisans du «Qui tue qui ?» d’être derrière la mise en examen des frères Abdelkader Mohamed et Hocine Adda Mohamed. Des personnes qu’elles présentent comme «des avant-gardistes de la lutte antiterroriste des années 90». Parallèlement à la solidarité exprimée en faveur de ces anciens patriotes de Relizane, aujourd’hui installés dans le sud de la France, l’ANFVT, Djazaïrouna et Soumoud regrettent également le fait que «ces groupes de pression ferment les yeux, dans un silence complice, sur l’omission du GIA et du GSPC de la liste des organisations terroristes arrêtée par l’Union européenne». Ces associations rappellent, par ailleurs, «l’octroi de l’asile politique à des terroristes sinistrement réputés par leurs crimes barbares, tels que Ahmed Zaoui, membre fondateur du FIDA, et l’impunité dont jouissent plusieurs chefs terroristes en Europe et aux USA». La section algérienne de la Fédération internationale des associations de victimes du terrorisme, représentée par Saïda Benhabylès, interpelle, en outre, les plus hautes autorités algériennes, la société civile, les parlementaires, les candidats aux présidentielles et les partis politiques, particulièrement le RND qui fut le berceau des patriotes, afin de «réagir» à ces accusations. Il est à rappeler que les frères Mohamed ont été interpellés, lundi dernier, à Nîmes et placés en garde à vue sur ordre du juge d’instruction Gilles Jorda à la suite d’une plainte pour «tortures, actes de barbarie et crimes contre l’humanité» introduite contre eux, en octobre 2003, par la Ligue des droits de l’homme et la FIDH. Dans le cadre de cette affaire, les frères Mohamed sont notamment accusés d’avoir «enlevé» les pères de Houari Saïdane et Fethi Azzi. Les quatres personnes ont été entendues, le même jour, à l’occasion d’un premier face-à-face, par la police judiciaire de Nîmes. Lors de leur déposition, les frères Mohamed ont, à leur tour, accusé les parents des plaignants d’être «des terroristes». La mise en examen des frères Mohamed est considérée, par la presse hexagonale, comme une première puisque, hormis le cas du procès de «La salle guerre», aucune affaire liée au dossier du terrorisme n’a, jusque-là, intéressé la justice française. Au plan interne, rappelons que le président sortant, Abdelaziz Bouteflika, a installé une commission ad hoc pour prendre en charge le dossier des disparus. Zine Cherfaoui Voir aussi:
Les milices dans la nouvelle guerre d'Algérie (Algeria-Watch et Salah-Eddine Sidhoum, 12/03)
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www.algeria-watch.org
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