Elle avait accusé Saïd Sadi et Nouredine Aït Hamouda d’être derrière l’assassinat de son frère

Malika Matoub condamnée pour diffamation

Par Rédaction de Liberte, 18 mars 2004

Saïd Sadi et Nouredine Aït Hamouda ont eu gain de cause dans le procès en diffamation qu’ils ont intenté contre Malika Boukhtouche, la sœur de Matoub Lounès assassiné par des terroristes du GIA, le 25 juin 1998. Le jugement du procès en diffamation intenté par les deux responsables du RCD contre la sœur de Matoub, qui avait accusé les plaignants d’être “derrière l’assassinat de Lounès Matoub” sur les ondes de Beur FM, a été, en effet, rendu vendredi 12 mars 2004 par le tribunal correctionnel de Paris, chambre de la presse. Malika Boukhtouche, qui avait formulé une “accusation grave, précise et catégorique”, selon le tribunal, a été condamnée pour diffamation. Dans ses motifs, le tribunal ajoute qu’“il n’est pas sérieusement contestable, ni d’ailleurs contesté, que les propos poursuivis sont diffamatoires”. Le tribunal a condamné Malika Boukhtouche à verser 2 500 euros à chacun des deux plaignants à titre de dommages et intérêts. Elle doit également payer des frais de publication du jugement la condamnant, qui s’élèvent à 3 000 euros dans les quinze jours suivant la date où ce jugement devient définitif. Les faits remontent au 11 mai 2002 lorsque Malika Boukhtouche avait accusé le président du RCD et Nouredine Aït Hamouda d’avoir un lien direct avec l’assassinat de Matoub Lounès, pourtant revendiqué par un communiqué de Hassan Hattab, alors “émir” du GIA. “J’accuse Saïd Sadi et Nouredine Aït Hamouda d’être derrière l’assassinat de Lounès Matoub et je redis une deuxième fois : j’accuse Saïd Sadi, Nouredine Aït Hamouda d’être derrière l’assassinat de Lounès”, avait affirmé la sœur du chanteur.
Le 3 juillet de la même année, les deux responsables du RCD déposent plainte pour diffamation au tribunal correctionnel de Paris. Tout au long de ce procès, Malika Boukhtouche n’a pu apporter les preuves de ses accusations lancées à l’encontre de deux hommes connus pour être des amis proches du défunt. Bien plus, dans ses attendus, le tribunal a tenu compte de “la crédibilité nécessairement relative, attachés aux déclarations de la prévenue qui s’exprimait sur le ton partial et émotionnel de la sœur du défunt Matoub Lounès”. Malika Boukhtouche peut faire appel contre ce jugement prononcé en première instance dans un délai de 12 jours.

R. B.

 



 

   
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