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Depuis Guantanamo où ils sont emprisonnés Deux Algériens attaquent en justice les autorités américaines par Zouaoui M. , Le jeune Indépendant, 24 juillet 2004 Deux pensionnaires de la prison militaire américaine de Guantanamo à Cuba, jouissant selon leurs avocats de la nationalité algérienne, ont intenté une action en justice contre les autorités américaines pour «enlèvement et séquestration illégale». La plainte pour «arrestation et emprisonnement arbitraire» a été introduite, lundi dernier, devant la cour de Washington, a fait savoir avant-hier le chef du collectif des avocats Me Stephen Oleskey qui dirige l’affaire à partir de Boston. Lakhdar Boumediene et Mohamed Nechla travaillaient pour une association d’aide humanitaire en Bosnie lorsqu’ils ont été arrêtés en 2001. Ils avaient été arrêtés en compagnie de quatre autres Bosniaques, d’origine algérienne, dans la nuit du 17 au 18 janvier 2002 par la police de la Fédération de Bosnie-Herzégovine. Il s’agit de Bensayah Belkacem, Hadj Boudellaâ, Saber Lahmar et Mustapha Aït Idir. Ils étaient mariés à des Bosniaques et avaient acquis la nationalité de leurs épouses. Soupçonnés de planifier des attentats contre les ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne à Sarajevo, les six hommes ont été déchus de leur nationalité bosniaque et remis aux autorités des Etats-Unis en dépit du verdict rendu par la Cour suprême de Bosnie mettant fin à leur détention préventive. Leur arrestation, puis leur transfert à Guantanamo, avaient fait scandale dans les milieux des organisations de défense des droits de l’homme. Amnesty international avait saisi, le 30 juin 2003, l’administration américaine exigeant leur libération immédiate. Selon leurs avocats, Boumediene et Nechla exigent du gouvernement américain de prouver légalement le motif de leur incarcération. «Il n’existe aucune base légale qui justifie leur détention et ils doivent être, par conséquent, libérés», a affirmé Me Steven Watt qui défend plusieurs affaires de détenus de Guantanamo pour le compte du Centre des droits constitutionnels, dont le siège est à New York. Le cas des deux Algériens figure dans un dossier comprenant neuf autres pensionnaires de la terrible prison de Guantanamo Bay, qui a été introduit au cours de ce mois auprès des juridictions américaines. Quelque 600 présumés «terroristes» croupissent dans cette prison, coupés du reste du monde et sont qualifiés par l’armée américaine de «combattants ennemis» arrêtés dans le cadre de l’invasion de l’Afghanistan. Ces 600 détenus sont soupçonnés de liens avec le régime déchu des talibans et de l’organisation d’El-Qaïda. «Tous les avions qui ont emmené des prisonniers au camp X-Ray sont venus d’Afghanistan», a déclaré le porte-parole de l’armée américaine, le lieutenant-colonel Leon Sumpter, sans pouvoir confirmer si les six Algériens avaient été acheminés de ce pays. Les avocats rejettent ces arguments et soutiennent que leurs clients ne sont pas des membres d’El-Qaïda, n’avaient aucun lien avec une quelconque autre organisation terroriste et n’étaient, en aucun cas, impliqués dans le conflit afghan. Dans le dossier de la plainte, les avocats ont fait valoir l’argument selon lequel aucun de leurs clients ne se trouvait en Afghanistan lors de son arrestation ou dans aucun autre en pays théâtre de conflit. L’action en justice a été engagée avec l’accord des épouses des détenus, a indiqué Me Oleskey. Ces deux détenus n’ont pas été autorisés à prendre contact avec leurs avocats, comme la plupart des autres détenus. Sur l’ensemble de la population carcérale de Guantanamo, quinze détenus devront recevoir, à partir de lundi prochain, leur convocation à comparaître devant des tribunaux militaires américains pour répondre aux accusations qui pèsent sur eux suite à une décision prise le 28 juin par la Cour suprême des Etats-Unis qui a ordonné que les prévenus de Guantanamo avaient le droit de saisir des juridictions civiles américaines. Par ailleurs, les familles des six Algériens ont poursuivi en justice le gouvernement bosniaque et ont saisi la chambre des droits de l’homme. Cloué au pilori, le gouvernement bosniaque a proposé de verser, à partir de décembre prochain, à chaque famille un dédommagement de l’ordre de 19 000 dollars. Z. M.
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www.algeria-watch.org
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