CONTRAT DE MARIAGE ET FATIHA

Les Oulémas algériens s’opposent

Le Quotidien d'Oran, 16 décembre 2006

Le débat sur la prééminence accordée à l’enregistrement civil sur le contrat légal de mariage n’est pas encore clos, pour l’association des Oulémas musulmans algériens. Les nouvelles dispositions prises par le ministère a poussé l’association, qui s’est fermement opposée à cette décision, à donner certains éclaircissements sur le sujet qui constitue une préoccupation majeure compte tenu des traditions de notre société, de la religion et des droits des familles.

Pour l’association des Oulémas musulmans, il n’y pas d’amalgame, «le contrat légal (la Fatiha) avec ses fondements principaux connus dans la loi constitue le contrat véritable. Quant à ce qui a cours dans les mairies, il ne s’agit pas d’un contrat à proprement parler mais de l’enregistrement du contrat car il ne peut y avoir deux contrats pour un mariage».

Dans un communiqué rendu public, le président de cette organisation, M. Abderahmane Chibane, rappelle la position de son association sur cette question et souligne que «l’opposition à l’instruction émise par le ministère des Affaires religieuses interdisant aux imams de procéder au contrat légal (la Fatiha) avant son enregistrement à la mairie est une opposition dictée par des considérations fondées du point de vue de la loi (Chariaâ), du droit et de la coutume».

Pour l’association des Oulémas, le problème est plus profond que la simple récitation de la sourate de la Fatiha car estime son président, «il est possible de la réciter immédiatement après l’enregistrement civil». «Poser le problème en ces termes nous éloigne de la réalité de la question car ce qui est visé par la Fatiha, c’est le contrat légal lui-même comportant réponse, consentement, ouali, témoins et dot qui sont les piliers fondamentaux du contrat légal», selon l’association.

La Fatiha reste un acte de bénédiction qui n’a rien à voir avec les textes légaux du contrat. Sa non-récitation, explique le président, «n’entame en rien le contrat de mariage».

«De même qu’il ne relève pas de la sagesse de s’obstiner à donner la prééminence à la mairie sur la mosquée et au fonctionnaire administratif qui n’a aucune culture en matière de loi (Chariaâ) sur l’homme de loi ou considérer le contrat légal (la fatiha), qui est ce qui se pratique depuis fort longtemps, comme servant uniquement à la bénédiction alors que le code de la famille algérienne en a fait mention», cite le communiqué.

Comme suggestion, l’association appelle à un débat scientifique qui inciterait à la réflexion et la recherche d’une solution pratique qui traite la question sous tous ses aspects légaux, juridiques et sociaux de manière à préserver au «contrat de mariage son caractère sacré, à la famille ses droits, à l’imam sa réputation, à la religion son respect et à la société sa stabilité».

Dans ce cadre, l’association plaide pour la préparation d’un modèle mis au point par des experts en droit musulman (Fiqh).

B. Mokhtaria


 
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