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| LA JUSTICE FRANÇAISE OUVRE LE DOSSIER Enquête sur les essais nucléaires français en Algérie et en Polynésie Le Quotidien d'Oran, 30 septembre 2004 Des plaintes avec constitution de partie civile déposées par l’association des vétérans des essais nucléaires, l’association polynésienne «Mururoa e Tatou» et une dizaine d’individus, ont trouvé pour la première fois une écoute auprès de la justice française. Le parquet de Paris a en effet décidé, le 20 septembre dernier, d’ouvrir une information judiciaire sur les conséquences sanitaires possibles des essais nucléaires français dans le sud algérien et en Polynésie entre 1960 et 1966. L’enquête ouverte contre X portera sur des faits d’homicide volontaire, d’atteinte à l’intégrité physique. Les plaintes déposées par les Français et les Polynésiens de Mururoa portent sur les retombées radioactives comme les cancers, les leucémies et d’autres maladies chez les personnes exposées. Les auteurs de la plainte invoquent une étude indiquant que sur 720 vétérans exposés, 30% avaient développé un cancer et 61% d’autres pathologies et que seulement 9% étaient indemnes. Les plaignants attendent une reconnaissance des fautes de l’Etat français ainsi que la mise en place d’un fonds d’indemnisation. Les auteurs de la plainte dénoncent l’absence de protection lors des essais et que certains personnels y assistaient en short. L’absence de partie civile algérienne est à remarquer alors qu’une bonne partie des essais nucléaires s’est déroulée à Reggane et Tamanrasset. Dans la foulée de la création des associations française et polynésienne au début 2000, une association algérienne des victimes d’essais nucléaires français devait être créée mais ses initiateurs semblent désarmés et sans moyens sérieux. Mais le fait de l’ouverture d’une information judiciaire, à la demande de Français qui participaient aux essais nucléaires dans le sud algérien, est une brèche pour une action judiciaire. Les effets des essais nucléaires, atmosphériques à Reggane et souterrains à Tamanrasset, continuent à se faire ressentir avec des pathologies caractéristiques des radiations. Dans ce domaine comme dans d’autres - cas de l’association des victimes civiles de la guerre de libération — l’Etat n’encourage pas vraiment les initiatives. Les révélations sur la poursuite d’expériences d’armes chimiques française à Oued Namous, bien après l’indépendance - non démenties officiellement - illustrent d’une certaine manière l’ambiguïté officielle. Le Pr Aboudi : les essais Gerboise de Reggane continuent à faire mal Sur les essais nucléaires dans le sud algérien - 4 atmosphériques à Reggane surnommés Gerboise et 13 souterrains à Aïn Eker (Tamanrasset) -, des séminaires portant sur l’histoire ont été organisés mais les études d’impacts ne sont pas légion. Ils existent pourtant. Un livre en arabe, édité par Dar Al Gharb, les «Gerboise de Reggane», donne de précieuses indications sur la question. Son auteur, Khadem Aboudi, professeur en biophysique, qui a également dirigé 6 études universitaires sur la situation sanitaire actuelle dans les zones d’essais français, est catégorique : les essais nucléaires français continuent jusqu’à présent d’avoir des incidences sur la santé de la population. Surtout à Reggane où les essais ont été atmosphériques et couvrent une vaste zone non protégée. «Les Français n’ont pas laissé d’archives sur le point zéro et les possibilités de contamination radioactive sont toujours présentes». Selon lui, les études montrent que les cancers, notamment les leucémies, dépassent de manière sensible la moyenne dans la région de Reggane où l’on constate également des cas des déformations de nouveau-nés et une baisse du niveau de fertilité des personnes. Dans la région des essais de Eker, à Tamanrasset, qui est mieux protégée que celle de Reggane, Khadem Aboudi a constaté que 10 chameaux sur 60 présentaient des leucémies et des changements de paramètres dans leur hématologie. Khadem Aboudi confirme qu’une association algérienne existe dans le sud, mais qu’elle a des difficultés et ne dispose pas d’un réel soutien. La question de l’indemnisation de victimes des essais nucléaires français a fait l’objet d’une question au parlement et a donné lieu à une réponse évasive du gouvernement. Et pourtant, de Reggane à Tamanrasset, les Algériens n’échappaient pas aux radiations qui sont aujourd’hui l’objet d’une enquête judiciaire. On peut même ajouter qu’ils continuent, surtout à Reggane, de les subir. M. Saâdoune
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www.algeria-watch.org
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