|
|||||
|
Les tribunaux n’acceptent que les documents en arabe Vers la paralysie de la justicePar : Salim Koudil, Liberté, 25 avril 2009 Si jusqu’à présent, la traduction était laissée à l’appréciation du juge, à partir du 25 avril, ni les justiciables, ni les avocats, ni les magistrats n’auront le droit de produire des documents dans une langue autre que l’arabe. Ce samedi verra l’entrée en vigueur de la loi 08-09 du 25 février 2008 portant code de procédure civile et administrative et dont les effets sont très appréhendés par les “acteurs” de la justice. En plus du concept de médiation autour duquel le flou est immense, il y a l’article 8 dans lequel il est stipulé que “les procédures et actes judiciaires tels que les requêtes et mémoires doivent, sous peine d’irrecevabilité, être présentés en langue arabe”. Traducteurs insuffisants et non formés Les retombées ne sont pas seulement pécuniaires. Il y a aussi, en plus du retard inévitable qui découlera sur les décisions de justice, les gros risques d’erreurs. Comment ne pas appréhender cette nouvelle loi devant l’absence criante de traducteurs spécialisés. Quand nous parlons de documents, il s’agit très souvent de certificats médicaux, d’expertise ou encore de statistiques. Il suffit de se pencher un peu sur la formation des traducteurs pour avoir une idée sur leur impossibilité de pouvoir “toucher” aux documents techniques sans une formation spécialisée. Dans la logique des choses, nous nous attendions à ce que des cycles dédiés aux traducteurs agréés par la justice soient organisés depuis la promulgation, il y a de cela exactement une année. Que nenni. Carrément, aucune démarche n’a été signalée dans ce sens. Les études de droit en question Connaître de près ce qui se passe dans la faculté de droit d’Alger (Ben Aknoun), depuis plusieurs années, permet sans aucun doute de comprendre plus ou moins l’essence même de cette arabisation rampante. C’est en tout cas l’avis d’enseignants éminents qui n’hésitent même plus à nommer la fac par un très significatif “la zaouia”, tout en parlant du “niveau de ras des paquerettes” des futurs avocats et magistrats du pays. “C’est devenu surtout une usine de production industrielle des docteurs en droit”, nous dit l’un d’entre eux rencontré à Ben Aknoun, tout en ajoutant : “Surtout que les soutenances de beaucoup parmi eux se font en catimini, souvent lors des vacances universitaires.” Évidemment, cette baisse de niveau est essentiellement due aux désastreux résultats de l’école algérienne, mais il ne faut pas oublier que dans cette faculté, il y a près de 24 000 étudiants alors qu’elle était prévue pour… 10 000. Salim Koudil |
|||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||