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| La modification ou l'abrogation du code de la famille sont inévitables El Watan, 12 septembre 2004 Lorsqu'il s'agit des droits de la femme, question sensible pour certains enjeu politique, pour d'autres, il est demandé aux associations féminines de ne pas faire de la surenchère. Nous n'en ferons pas. Mais il est difficile de se taire, il est difficile de ne pas s'impliquer dans le débat qui concerne notre statut et notre devenir dans la famille. C'est même un devoir pour nous en tant que citoyennes d'intervenir et de dire notre pensée à ceux qui s'arrogent le droit de nous insulter. Dans un Etat de
droit où l'on reconnaît au mouvement associatif
le droit d'ester en justice, cet écart de langage ne serait pas
resté sans suite, les auteurs auraient été poursuivis.
Il nous est reproché sans vergogne, par un mouvement politique
connu pour son discours violent à notre encontre, «de vouloir
disloquer la famille et la société algériennes».
Ces personnes auteurs de propos injurieux sont amnésiques, c'est
sûr. Ils doivent se rappeler le rôle important de la femme
pour la préservation de la cellule familiale et de la société,
soumises toutes les deux à la violence terroriste de cette dernière
décennie. Voulant préserver leur privilège de mâle
en puissance (c'est leur seule manière d'exprimer un pouvoir qu'ils
ne maîtrisent pas) pour maintenir la tutelle matrimoniale et la
polygamie, des responsables de partis nous accusent d'être les
alliés du colonialisme et de la franc-maçonnerie. D'autres
considèrent que nous sommes des désaxées et des
salonnardes. Les Algériens et le monde entier savent de quoi sont
capables les Algériennes, notamment le mouvement féminin
lorsque l'Algérie était en danger. Elles n'ont rien à prouver,
leur amour pour la patrie est plus réel que celui de ceux qui
s'agitent pour les salir. L'intelligence d'esprit et du cœur n'est
pas donnée à tout le monde. Ceux qui nous insultent ont
atteint leurs limites. Leur vocabulaire n'a pas évolué d'un
iota depuis 15 ans. En manque d'arguments objectifs pour exprimer leur
position et lorsque les insultes ne suffisent pas, voilà qu'ils
brandissent la charia pour réfuter toute évolution de la
législation familiale. Je me permettrais de dire qu'ils sont les
premiers à ne pas respecter la charia et à ne pas la connaître
du tout. Pour le responsable du MSP, «la polygamie est un droit
de l'homme dans la charia.» «La décision prise concernant
le contrôle de la polygamie par le juge, dira-t-il, va encourager
les mariages coutumiers et les relations illégales.» Le
parti d'El Islah, quant à lui, s'inquiète du sort des célibataires
et veut les caser en maintenant cette institution. Heureusement que le
ridicule ne tue pas. Se peut-il que des responsables de partis politiques
puissent utiliser un tel langage pour défendre le maintien de
la polygamie. Le MSP reconnaît pourtant que celle-ci n'est pas
très répandue. Se peut-il donc que la charia puisse être
interprétée de la sorte ? Pourtant, il est connu de tous
les exégètes que le mariage monogame en droit musulman
est la règle, la polygamie est une exception. Cette dernière
n'est autorisée qu'à condition de prendre en charge des
orphelins et d'être juste avec ses épouses. Il est même
fait appel à la conscience du croyant pour l'application du verset
qui autorise et interdit à la fois l'exercice de la polygamie. «Si
vous craignez de ne pas pouvoir les traiter avec équité,
n'en épousez qu'une, ce serait plus correct, afin de vous éviter
de commettre une injustice.» La charia que l'on brandit à tort
et à travers n'est pas un vain mot, elle fait appel, et nous le
rappelons, à la conscience du croyant pour qu'il comprenne à la
fois la parole de Dieu et qu'il ne peut pas être juste et équitable
avec quatre épouses. Le verset l'invite à discerner et à être
monogame. Nous attirons l'attention de ceux qui se moquent de nous en
intervenant sur ces questions qu'il n'est pas donné à tout
le monde d'être un bon croyant et d'user de sa conscience de bon
croyant. C'est le retour à cette conscience de croyant qui fera
d'eux des personnes crédibles dans leur argumentation. Par ailleurs,
ces responsables politiques qui défendent le droit pour l'homme
d'être polygame, que font-ils de la dignité de la femme
? Elle ne semble pas être incluse dans leur discours politique.
En contrôlant l'exercice de la polygamie, le juge contribuera à protéger
la dignité de la femme et à éviter la «dislocation» de
la famille. Par Me Nadia Aït-Zaï Notes
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www.algeria-watch.org
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