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Dix ans requis contre Rachid Ramda
Il comparaissait pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» à propos des attentats de 1995 à Paris • Pour sa participation même à ces actes il comparaitra aux assises où il risquera la perpétuité •
Libération, 6 mars 2006
Une peine de dix ans de prison ferme, sanction maximale pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», a été requise lundi par le tribunal correctionnel de Paris contre l'Algérien Rachid Ramda, financier et propagandiste présumé de la vague d'attentats islamistes de 1995 en France. «Rachid Ramda est le financier londonien des groupes terroristes français mais il est aussi le responsable de la propagande, celui par qui les messages de haine ont été diffusés», a estimé le substitut du procureur Jean-Michel Bourlès.
Ramda, 35 ans, était présent – à la demande du président de la 16e chambre, Jean-Claude Kross – pour entendre le réquisitoire d'un procès auquel il n'a pas assisté. Dès le premier jour d'audience, le 27 février, il avait jugé ce procès «scandaleux» et les débats se sont déroulés sans lui et ses avocats. Campant sur la ligne de conduite qu'il s'était fixé, Ramda a demandé, lundi, à la défense de se taire. «Je ne suis ici que parce que le tribunal a contraint Rachid Ramda à être présent. Il m'a demandé de ne pas plaider», a expliqué son avocat, Me Jean-Louis Malterre au tribunal.
Mais le prévenu, extradé de Grande-Bretagne en décembre 2005, n'est pas resté muet pour autant. En fin d'audience, il a lâché quelques mots pour affirmer qu'il a «désapprouvé les attentats» et exprimer «sa sympathie aux victimes» tout en déplorant n'avoir pas eu de «procès équitable». S'estimant «victime de l'arbitraire», il a conclu: «Je souhaite, je rêve qu'un jour la France organise un procès équitable qui concerne les Algériens et les musulmans en général.» Du côté de la partie civile, Françoise Rudetzki, déléguée générale de l'association SOS Attentats, a estimé que Rachid Ramda «voulait un procès équitable» mais qu'en décidant de ne pas participer au procès, «il s'est soustrait à cette chance qui lui était offerte».
Rachid Ramda, qui a déjà passé dix ans en détention outre-Manche, est soupçonné d'avoir transmis, depuis Londres, de l'argent aux auteurs des attentats qui ont fait dix morts et environ 200 blessés en 1995 à Paris. Des opérations revendiquées par le Groupe islamique armé algérien. Par ailleurs, celui qu'on surnommait «Abou Fares» ou «Elyes» a, selon le procureur, fondé en 1993 dans la capitale britannique, le journal «Al Ansar», organe officieux du GIA où les attentats de 1995 ont été revendiqués. La16e chambre correctionnelle rendra son jugement le 29 mars mais Rachid Ramda faisant également l'objet d'une procédure criminelle, il doit être jugé prochainement aux assises pour complicité d'attentats. Il encourra alors la réclusion à perpétuité pour les attaques des stations du RER Saint-Michel (huit morts et 150 blessés le 25 juillet 1995), du métro Maison Blanche (18 blessés le 6 octobre 1995) et du RER Musée-d'Orsay (26 blessés le 17 octobre 1995).
http://www.liberation.fr/page.php?Article=364908#
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Attentats de Paris: Le procès |