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Rachid Ramda : un procès dix ans aprèsLe procès de Rachid Ramda s’est ouvert le lundi 27 février devant le tribunal correctionnel de Paris. Il doit durer jusqu’au 22 mars. Cet islamiste algérien est soupçonné d’avoir participé à la préparation de trois attentats perpétrés dans la capitale française en 1995, qui avaient fait 8 morts et 200 blessés. Il est poursuivi pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste». Détenu en Grande-Bretagne depuis 10 ans, il n’a finalement été extradé vers la France qu’en décembre dernier. Il n’a donc pas pu être jugé en même temps que les autres personnes impliquées dans ces actes terroristes, lors du procès qui s’est déroulé en 1999. Il s’agit de la première étape du jugement de Rachid Ramda, dit Abou Farès, puisqu’il fait aussi l’objet de poursuites criminelles pour la même affaire et devrait donc comparaître à une date ultérieure devant la cour d’assises. RFI, 27 février 2006 Pendant dix ans, Rachid Ramda s’est battu pour ne pas être extradé en France. Il a utilisé tous les recours possibles dans le droit britannique afin d’éviter d’être remis à la justice française qui le poursuivait dans le cadre de l’enquête sur les trois attentats (RER Saint-Michel, métro Maison Blanche, RER Musée-d’Orsay) perpétrés à Paris, entre juillet et octobre 1995, faisant 8 morts et 200 blessés. Aujourd’hui, il semble décidé à mettre la même énergie à se défendre dans son procès devant la 16ème chambre du tribunal correctionnel de Paris. Lors d’une audience préparatoire, il avait affirmé que les accusations dont il fait l’objet sont «sans fondement» et avait demandé «une justice équitable». Il est resté sur le même créneau à la première audience en déclarant qu’il ne voulait plus participer à un «procès scandaleux». Ses défenseurs ont, en effet, élaboré une stratégie qui vise à tenter de montrer qu’il ne devrait pas être là. Tout d’abord, ils ont prévu de déposer, dès la première audience, une nouvelle demande de libération pour leur client –deux autres ont déjà été rejetées. Car ils estiment, en effet, que la durée de sa détention provisoire depuis son arrestation à Londres en 1995, est supérieure à la peine maximum qu’il encourt dans le cadre de cette procédure (10 ans) et qu’il ne doit donc pas être maintenu en détention. Le tribunal rejette la demande de renvoi Mais surtout, les avocats de Rachid Ramda entendent mettre en avant le fait que les témoignages sur lesquels se fonde la procédure ont peut-être été obtenus sous la torture. La parution d’un ouvrage intitulé Place Beauvau dans lequel des policiers de le DNAT (division nationale antiterroriste), restés anonymes, font état d’un certain nombre de traitements humiliants et de sévices commis sur les suspects interrogés dans le cadre de l’enquête sur les attentats de 1995, renforce leur argumentaire. D’autant que ces accusations ont motivé l’ouverture d’une enquête administrative menée par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Les avocats de Ramda, qui avaient déjà mis en cause les conditions dans lesquelles a été recueilli le témoignage de l’un des accusés, Boualem Bensaïd, retenu à charge contre leur client, ont donc plaidé pour le renvoi du procès à la fin de l’enquête ordonnée par le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkzoy. Ils n’ont pas obtenu gain de cause puisque le tribunal a immédiatement repoussé cette demande. Cette tactique qui visait probablement à essayer de gagner du temps, avait peu de chances d’aboutir. Elle ne sera de toute manière pas suffisante pour éviter à Rachid Ramda la deuxième étape judiciaire à laquelle il devrait être confronté : un procès aux assises. Car s’il comparaît devant le tribunal correctionnel pour les seuls faits relatifs à sa participation éventuelle à la préparation des attentats et au soutien logistique aux poseurs de bombes, il est aussi poursuivi pour les attentats eux-mêmes dans le cadre d’une procédure criminelle. Et là, il encourt la réclusion à perpétuité. Une peine à laquelle ont déjà été condamnés, en 2002, deux autres accusés : Boualem Bensaïd et Smaïn Ali Belkacem. Quel rôle a joué Ramda ? Un certain nombre d’éléments matériels recueillis dans le cadre de l’enquête semblent mettre en cause Rachid Ramda. Des documents internes du Groupe islamique armé (GIA) -responsable des attentats- et un bordereau de la Western Union portant ses empreintes ont été retrouvés à son domicile à Londres. Ce coupon indique, selon les enquêteurs, qu’il a transmis une somme de 5 000 livres (environ 7 500 euros) aux poseurs de bombes en France. Cela fait-il de lui le financier du réseau terroriste ou un simple intermédiaire ? Son rôle réel et son degré d’implication ne sont pas établis. Rachid Ramda est parfois présenté comme un intellectuel du GIA, d’autres fois comme l’un des subalternes de Djamel Zitouni, le chef opérationnel du groupe, aujourd’hui décédé. Le procès de Rachid Ramda devrait permettre d’explorer ces thèses. Mais aussi d’aborder pour la première fois la question de son lien avec le réseau terroriste d’Oussama Ben Laden, Al Qaïda. Car Rachid Ramda fréquentait dans le «Londonistan» (quartier de la capitale britannique où ont séjourné des islamistes) un prêcheur extrémiste, Otman Omar Mamoud, qui a été impliqué dans la préparation des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. par Valérie Gas |
Attentats de Paris: Le procès | ||||
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www.algeria-watch.org
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