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Belmouhoub répond à Nezzar : « C’EST SCANDALEUX YA NEZZAR»Le Quotidien d'Algérie, 21 novembre 2011 Déclaration préliminaire lors de la conférence du 23 Novembre 2011 Quand les mots n’ont plus de sens, quand les valeurs morales s’évaporent et quant la justice perd sa force et sa raison, le silence deviendra l’allier le fort des forces du mal, et la peur son énergie. Le scandale aujourd’hui, et même si l’actualité semble remettre à l’ordre du jour la décennie 90, est qu’un algérien puisse être kidnappé en plein cœur de la capitale de la Nation du Million et demi million de martyrs, aux portes du temple de l’information, c’est à dire la Maison de la presse sans que cela n’inquiète outre mesure le moindre responsable « théoriquement » en charge de la sécurité des personnes et des biens. Ni les chefs des différents corps de sécurité, encore moins le Ministre de l’Intérieur ou celui de la Justice. Personne n’a éprouvé le besoin de dire aux algériens que l’Etat était responsable de l’application de la loi et de la sécurité des citoyens. Pas un député, pas un sénateur ni un élu quelconque, aucun Parti pour interpeller les pouvoirs publics, rassurer la famille, les proches et les nombreux amis –ies-, ou pour assurer les citoyens que nul n’est au dessus des lois de la république, Cependant et bien entendu quand les victimes sont européennes, le complexe du colonisé chez certains nostalgiques se met au garde-à-vous, et fait que toute l’armada s’ébranle pour aller retrouver les personnes enlevées ! Mais quand il ne s’agît que d’un algérien, n’était-ce le professionnalisme et le sens purement humain d’El Watan –que je remercie ici publiquement- même les médias ont (?) observé un profil qui n’est pas passé inaperçu, défiant l’éthique et la déontologie d’une profession sensée être un devoir, une mission et un art. Dans son ensemble la presse s’est montrée si peu soucieuse de sa perfectibilité, oubliant le temps d’un kidnapping que : informer est beaucoup plus un devoir qu’une profession, et que son silence au sujet de ce kidnapping, restera le fait le plus marquant et le plus choquant, d’une corporation qui ne cesse de crier : démocratie, liberté d’expression, droit d’informer et je ne sais quoi d’autre…Le temps d’un kidnapping, elle a soudain oublié que la véritable valeur du journalisme, c’est l’esprit critique qui consiste en un refus catégorique de toute autorité nobiliaire fondée sur l’arbitraire, l’injustice et le déni de la vérité. L’autre question qui demeure posée, est celle de savoir pourquoi la justice ne s’est-elle pas autosaisie pour ouvrir une enquête judiciaire dès que l’affaire avait été portée sur la place publique par le quotidien El Watan ? Ce sont là deux questions qui restent posées : le silence de la presse et celui de la justice. La lecture du procès verbal du 20 octobre 2011, ayant pour objet l’audition du Nezzar par un tribunal Suisse, a choqué les victimes des guatanamo’s du désert algérien que nous sommes. Après l’arrestation, la garde à vue massive dans différentes casernes militaires, nous fumes transportés dans des véhicules puis des avions militaires, pour être détenus et surveillés par des militaires dans des camps de concentration militaires, dans des zones connues et reconnues à forte teneur de radioactivité nucléaire. Aucun interné ne fut déporté par décision de justice comme cela a été dit, d’ailleurs je rappellerais la démission de Monsieur Ali BENFLIS, alors Ministre de la Justice. Question 25 : Avez-vous connaissance de l’existence de camps de concentration durant la période 1992-1999 ? Nezzar : Non, par contre il existait des camps d’éloignement comme je vous en ai déjà parlé. L’existence de ses camps était prévue dans des lois. (Lesquelles ?). Je précise que ces camps étaient des regroupements. Les services de police prenaient dans la rue ces gens, lors de manifestations désordonnées, ou lors d’occupations de lieux (?), et les déferaient devant la justice, en application de la loi d’urgence. Comme la police n’avait pas de locaux à sa disposition, ceux-ci ont été fournis par l’armée, cette dernière assurait le gardiennage et l’alimentation, Les camps étaient gérés par la justice. Je réponds que ces gens n’avaient aucune activité, passaient leurs journées à prier, et a faire des sermons, ils faisaient également grève. Mr BELMOUHOUB : C’était un goulag fait de camps de concentration dignes, sinon pires que ceux de la gestapo, placés sous autorité et surveillés par des militaires, souvent visités par des gendarmes pour la distribution gratuite de bastonnades. Notre arrestation, notre déportation et notre internement furent hors la loi, hors de tout cadre légal et c’est faux nous n’avons pas été présentés à la justice. De caserne en caserne, nous fumes internés dans des camps qui défient la raison et la loi. En effet nous n’avions aucune activité et nous passions notre temps à prier, ce qui nous honore et démontre que nous représentions aucun danger pour la société, motif hypocrite évoqué lors de nos enlèvements sur des lieux de travail, de nos domiciles et non pas dans la rue, comme on veut le faire croire. Ordre a été donné et exécuté et que celui qui a donné cet ordre ait le courage d’assumer sa pleine responsabilité publiquement et non plus dans le secret de sa conscience. Je l’invite à une confrontation en direct sur le plateau de la télévision qui lui convient le mieux, pour démontrer le mal planifié qui nous a été fait, qui continue à détruire notre existence, à défaut personne ne pourrait nous reprocher l’initiative d’aller plaider devant une Juridiction étrangère. Question 26 : Les forces de sécurité procédaient-elles à des interrogatoires dans ces camps ? : Nezzar : Absolument pas. Ces personnes ont été éloignées simplement parce qu’elles manifestaient…Je réponds qu’on avait autre chose à faire qu’auditionner ces personnes…Je précise qu’il n’y a eut aucun dépassement dans ces camps. Mr BELMOUHOUB: Nous avons tous été soumis à interrogatoire, et des fiches de renseignements étaient alors remplies par un personnel militaire. Quant aux dépassements j’aimerais bien savoir si le meurtre commis à Reggane, un vendredi, la veille du 27éme jour du mois de Ramadhan de l’an 1992, où un ancien moudjahid invalide Hadri MELLAH, âgé de 62 ans, ayant perdu un membre inferieur durant la guerre d’Algérie fut froidement assassiné par balles par un militaire ayant bénéficié d’une totale impunité. C’est pareil à In M’guel où il y eut mort d’homme le jour de Achoura où par balles fut lâchement assassiné GHEZALI Boualem, un père de famille originaire de Mostaganem, qui était cadre auprès de la Casoran. Pour finir j’interpelle le président de la république, garant de la constitution pour une satisfaction pleine et entière de la plateforme de revendications, cela mettra d’une part fin à nos profonds sentiments de frustrations, et d’autre part mettra fin à de sournoises et malhonnêtes tentatives politiciennes de récupération par de nombreux apprentis défenseurs des droits de l’homme et autres politiciens de circonstance. Je vous remercie pour votre aimable attention
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Plaintes contre le général Khaled Nezzar | ||||
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www.algeria-watch.org
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