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Le ministre de la Justice l'a affirmé hier devant les députés 4 000 personnes en détention préventive
Par Faouzia Ababsa, La Tribune, 26 décembre 2004 Séance marathon hier à l'Assemblée populaire nationale. En effet, les députés ont eu à examiner et à débattre trois projets de loi aussi importants les uns que les autres. Les deux premiers relatifs au code du commerce et à la réforme pénitentiaire et le troisième portant sur les semences et les plants.Concernant la réforme pénitentiaire, les députés, s'ils ont applaudi à certaines dispositions à même de réformer ce secteur, n'en ont pas moins posé des problèmes importants. A l'image de M. Boutouiga, vice-président de l'APN, qui s'est interrogé sur la batterie de protections réservée aux détenus pour faciliter leur insertion sociale. «Je serai d'accord avec ce texte si je ne suis pas contraint d'avoir en face de moi le criminel ou le délinquant à chaque 1er novembre ou 5 juillet.» Car, a encore ajouté le député du RND, «ce genre de personnes programment leur libération qu'ils font toujours coïncider avec les mesures de grâce ou d'amnistie. En prévision de cela, ils commettent leurs délits ou crimes en portant atteinte à l'intégrité physique des citoyens tout en sachant qu'ils ne s'éterniseront pas en prison. Pour eux, c'est juste une affaire de quelques mois». Rencontré dans les coulisses, M. Boutouiga nous dira que son intervention n'avait rien d'une atteinte à la personne humaine mais qu'il n'était pas logique que des personnes qui se rendent coupables d'actes punis par la loi se retrouvent blanchies et récidivent quelque temps après. Il faut des mesures dissuasives. La prison ce n'est ni un hôtel ni un palace que certains considèrent aussi comme un lieu d'hébergement parce qu'ils n'ont pas où dormir chez eux. Pour éviter la récidive, selon notre interlocuteur, il faut que le prévenu sache ce qu'est vraiment une prison et une privation de liberté. «Croyez-moi, il réfléchira à deux fois avant de recommencer», nous indique-t-il en nous citant l'exemple d'une protestation de prisonniers dans le centre de détention d'Oran en raison de la disparition de la couleur de l'écran de télévision. D'autres députés ont interpellé le ministre de la Justice, toujours à propos du projet de loi, sur l'utilisation de la main-d'ouvre carcérale dans les entreprises publiques ou privées. Pour les élus du PT qui ont intervenu dans ce sens cela dresse d'une manière ou d'une autre des citoyens contre d'autres citoyens, ou alors cela encouragera les chômeurs à vouloir aller en prison pour se procurer des emplois. Aussi, ont affirmé les intervenants, il faut absolument clarifier la situation en déterminant des quotas. Car, d'autre part, cela dispense aussi les entreprises des charges patronales requises dans la mesure où ils ont une main-d'ouvre à bon marché et corvéable à merci. L'abus dans le recours à la détention préventive a également été soulevé par les députés. A ce sujet, M. Belaïz a affirmé qu'elle constituait, certes, une exception mais que le juge était seul habilité à apprécier le recours à cette mesure. Le ministre a démenti de manière catégorique qu'il y ait eu dans les prisons 18 000 personnes en détention préventive. «Leur nombre ne dépasse pas les 4 000.» Il annoncera que 42 prisons sont en construction. Elles accueilleront 36 000 détenus. F. A.
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