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Évoquant hier à Paris les massacres du 8 mai 1945 Bertrand Delanoë souhaite que la France demande pardon à l’AlgériePar Abdelkrim Ghezali, La Tribune, Lundi 9 mai 2005 Le maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a souhaité hier à Paris que la France reconnaisse sa responsabilité dans la répression sanglante des émeutes de Sétif en mai 1945, comme elle l’a fait pour son rôle dans la déportation des Juifs de France. M. Delanoë a redit sur Radio-J que la reconnaissance par Jacques Chirac de la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale était, à ses yeux, «vraiment très honorable pour notre pays». Le maire de Paris a rappelé que le 8 mai était «l’anniversaire d’une autre barbarie, celle de Sétif», avant de souhaiter que la France regarde «vraiment en face la vérité» et demande «bien sûr» pardon à l’Algérie pour les violences commises à cette occasion. «Les sociétés du XXe siècle qui ont d’autres maux à gérer […] doivent avoir le courage de la vérité», a-t-il dit. «On s’honore en disant la vérité, parfois en demandant pardon.» Le 8 mai 1945, le premier soulèvement indépendantiste algérien, a été noyé dans le sang par les autorités coloniales françaises à Sétif, mais aussi à Guelma et Kherrata (Est). Rappelons que Delanoë, lors de sa visite à Alger les 26 et 27 avril dernier, avait déjà révélé ses positions anticoloniales et ses veux de voir son pays reconnaître ses erreurs, ses crimes et avoir le courage de demander pardon. La déclaration faite hier par Delanoë à Paris est loin d’être démagogique dans la mesure où c’est sous son mandat de maire de Paris que les victimes de la tragédie du 17 octobre 1961 ont été réhabilitées en érigeant une stèle à Paris à leur mémoire, non sans avoir reconnu la responsabilité de la France dans cet autre massacre colonial. Le 60ème anniversaire des massacres génocidaires commis notamment dans l’Est algérien a connu une médiatisation sans précédent et a mobilisé, à l’instar des autorités et des historiens algériens, la communauté des chercheurs, intellectuels et organismes des droits de l’Homme français dont les avis convergent quant à la nécessité de la reconnaissance du caractère oppressif du système colonial qui ne peut que commettre des crimes contre l’humanité. Si cette approche est admise par l’Etat français, la reconnaissance des crimes coloniaux pourrait alors être évidente et l’acte de repentance envisageable. C’est dans cette perspective que Bouteflika a demandé à la France de reconnaître ses crimes coloniaux et d’aller au-delà du regret pour que la réconciliation historique entre les deux peuples soit effective. A. G. |
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www.algeria-watch.org
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