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Relations Algéro-Françaises La repentance avant le traité d’amitié ?El Watan, 15 mai 2005 Le traité d’amitié entre l’Algérie et la France, dont la signature est prévue avant la fin de l’année en cours, paraît sérieusement compromis. Si du côté français, du moins officiellement, on assure que le traité n’est pas remis en cause, du côté algérien, on pose cependant des conditions. Des conditions essentiellement liées à l’acte de repentance. « La repentance reste pour le peuple algérien une condition sine qua non en vue de la conclusion du futur traité d’amitié franco-algérien », a indiqué Mohammed El Korso, le président de l’Association du 8 Mai 45, dans une déclaration très virulente parue hier dans El Watan. Mohammed El Korso faisait écho au « cri d’indignation » suscité en France par les propos du Président Abdelaziz Bouteflika comparant aux « fours crématoires des nazis » les fours à chaux utilisés pour incinérer les cadavres des Algériens tués, en mai 1945, dans le Constantinois. Etape importante dans la réconciliation entre les peuples algérien et français, le traité d’amitié s’avère à lui seul incapable de gommer les contentieux historiques. Un travail de mémoire, rigoureux, sans complaisance, paraît indispensable. A Alger, l’opinion publique estime que le président Abdelaziz Bouteflika n’a fait que rappeler un fait historique. « La France s’émeut. Le discours du président Abdelaziz Bouteflika, lu à l’occasion du 60e anniversaire du génocide du 8 Mai 45 à Sétif, a suscité moult réactions officielles et médiatiques en France. Il a eu au moins le mérite d’interpeller la conscience française sur une page d’histoire occultée depuis un demi-siècle », a poursuivi M. El Korso. « On ne peut pas aller à un traité d’amitié s’il y a des zones d’ombre », estime également Ali Haroun, membre de la Fédération FLN de France. Selon lui, la nouvelle page d’histoire que Paris et Alger veulent écrire ne doit pas être « troublée par les réminiscences du passé ». Et d’ajouter : « Avant de tourner la page, car il ne s’agit surtout pas de la déchirer, il faut la lire. Il faut être d’accord sur cette page d’histoire. » Pour donner du crédit et du sens à la réécriture de l’histoire, des historiens ont demandé que ce travail soit mené conjointement par les spécialistes des deux pays. D’autant que les exemples dans le monde ne manquent pas pour démontrer qu’une écriture unilatérale de l’histoire ne contribue pas à renforcer les liens entre les pays. Le meilleur exemple est la récente crise diplomatique entre le Japon et la Chine, cette dernière reprochant à sa voisine la publication de livres d’histoire qui minimisent les atrocités de l’armée impériale. Dans un entretien accordé à l’AFP, jeudi, l’historien français Benjamin Stora a exprimé sa crainte de voir la polémique, provoquée par le Président Bouteflika, « nuire au travail des historiens ». A la question de savoir s’il était favorable à la repentance de la France, M. Stora a répondu : « C’est une question politique, ce n’est pas aux historiens de décider. Mais en France, aujourd’hui, on n’est pas prêt à débattre de la colonisation. Dans un certain cercle, il y a un refus absolu, on ne veut pas entrer dans ce passé colonial, on refuse de regarder la réalité en face. Il faudra attendre les nouvelles générations. » Il a précisé qu’il existe dans la société française « des gens qui veulent savoir ce qui s’est passé, qui veulent pouvoir porter un jugement critique sur cette partie de leur histoire ». Pour l’heure, la France focalise son intérêt sur le traité d’amitié qu’elle espère voir entériné avant la fin de cette année. « Il y a eu des déclarations qui ont été faites, nous avons pris note de ces déclarations. Du côté français, je crois que nous avons dit tout ce que nous avions à dire et encore une fois, notre souhait est vraiment de nous tourner vers l’avenir, de préparer la négociation du traité d’amitié d’ici à la fin de cette année. Je n’ai donc rien à ajouter à ce qui a été dit ces derniers jours », a indiqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. En fermant la parenthèse, il semble que les autorités françaises veuillent calmer le jeu, sans pour autant répondre aux appels pressants d’Alger. Hamiche Amar |
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www.algeria-watch.org
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