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Des milliers d'Algériens commémorent les massacres de SétifL'Algérie a célébré aujourd'hui à Sétif le 60ème anniversaire de la sanglante répression de manifestations pro-indépendantistes ayant fait des milliers de morts le 8 mai 1945 et demandé un «geste plus probant» de la France pour reconnaître toutes ses responsabilités dans cette «tragédie». Le Figaro Avec AFP, 08 mai 2005 Plusieurs milliers de personnes ont participé à une marche commémorative dans cette ville située à 300 km à l'est d'Alger, empruntant le même parcours qu'avaient suivi, il y a 60 ans, des manifestants rassemblés pour demander l'indépendance de l'Algérie, alors que les Alliés célébraient leur victoire sur le nazisme. Elles se sont recueillies à l'endroit où avait été tuée la première victime des massacres, le jeune scout Bouzid Saal, en présence des ministres des anciens combattants, et de la jeunesse et des sports, Djamel Ould Abbès et Yahia Guidoum. Parcourant la rue du 8 mai 1945 (ex-rue Georges Clemenceau), brandissant des banderoles proclamant notamment «8 mai 45: crime contre l'humanité, début de la fin pour les forces coloniales», elles se sont rassemblées près de la célèbre fontaine Aïn El-Fouara, symbole de cette ville. Dans un geste inédit depuis l'indépendance de l'Algérie en 1962, l'ambassadeur de France à Alger, Hubert Colin de Verdière, avait rendu hommage aux victimes des massacres en se recueillant à leur mémoire, le 27 février à Sétif. Parlant de «tragédie inexcusable» à propos de ces événements, M. Colin de Verdière avait regretté qu'«un abîme d'incompréhension entre les communautés» algérienne et française ait pu produire «cet enchaînement d'un climat de peur, de manifestations et de leur répression, d'assassinats et de massacres». Le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a déclaré que la démarche de l'ambassadeur de France, dont il a cité les propos, était «celle des autorités françaises», dans un entretien publié dimanche par le quotidien algérien El Watan. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a pour sa part affirmé que «le peuple algérien en entier attend encore de la France (...) que les déclarations de l'ambassadeur de France soient suivies d'un geste plus probant», dans un «message» lu en son nom lors d'un colloque sur les massacres qui se tient actuellement à l'Université Ferhat Abbas de Sétif. Dans une allusion à une éventuelle demande de pardon de la France, M. Bouteflika a souligné que «le peuple algérien a accueilli favorablement les propos de son excellence l'ambassadeur de France (...). Des propos qui laissaient croire à des tentatives de reconnaissance par les commanditaires et les auteurs des massacres du 8 mai 1945». «Nous pensons qu'il est de la responsabilité des historiens algériens en premier lieu et de la responsabilité des historiens de l'autre rive, de dévoiler en toute objectivité, honnêteté et esprit scientifique et en toute neutralité, les ambiguïtés qui entourent ces massacres et d'autres», a ajouté M. Bouteflika. M. Barnier a indiqué à ce propos qu'un travail était déjà fait par «les chercheurs des deux pays qui ont, aujourd'hui, l'accès le plus large aux archives de toute la période de la présence française et qui peuvent nous aider à qualifier les faits». La Fondation du 8 mai 45, créée en 1990 par l'ancien ministre algérien Bachir Boumaza, milite pour que ces événements soient qualifiés de «crimes de guerre» et de «crimes contre l'humanité». Son président, Mohamed El-Korso, a exprimé le souhait de voir la France faire «son mea culpa» pour sa responsabilité dans ces tueries, dans un entretien mercredi. Selon les historiens algériens, quelque 45.000 personnes ont été tuées dans les massacres de la région de Sétif. Les estimations de sources françaises font pour leur part état de 15.000 à 20.000 morts, dont 103 Européens. |
Pétition à propos de la loi française du 23 février 2005
Discours de l'ambassadeur de France à l'Université de Sétif (27.02.05)
Bouteflika: “Le peuple algérien attend de la France une reconnaissance des actes commis” (Liberté, 08.05.05)
Les massacres de mai 1945: Algérie - France (QO, 08.05.05) |
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www.algeria-watch.org
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