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LOUISETTE IGHIL AHRIZ AU FORUM D’EL
MOUDJAHID
« La France
doit se repentir»
L'Expression, 30
octobre 2003 Quarante-neuf ans
après,
cette moudjahida a eu gain de cause.
Pour les historiens, l’heure est venue pour les acteurs de la
guerre de Libération d’apporter un témoignage objectif
sur cette partie de notre histoire.
«
La France doit demander pardon aux millions d’Algériens,
aux martyrs pour les crimes contre l’humanité commis contre
un peuple qui n’espérait que retrouver sa dignité piétinée,
massacrée par les tortionnaires durant la guerre de l’Indépendance.» Ce
sont les mots de Mme Louisette Ighil, une dame qui a combattu l’occupation
française, mais ayant été avant tout une victime
de la torture. Quarante-neuf ans après, cette moudjahida a eu
gain de cause, la justice française vient de prononcer un jugement
en sa faveur, dans le cadre du procès l’ayant opposé à son
propre tortionnaire, le général Shmitt.
Lors de son intervention, hier, au forum d’El Moudjahid, l’oratrice
a insinué que les politiques en Algérie ne jouent pas
entièrement leur rôle dans ce dossier, «un laisser-aller
politique». L’Algérie, depuis quelques années,
semble s’intéresser, de prime abord, «à la
refondation des relations entre les deux pays». La guerre de
l’Indépendance, la torture, les archives, ont de tout
temps empoisonné «les relations amicales» entre
la France et l’Algérie. Le chemin, de l’avis de
l’oratrice, reste long, trop long même, sachant que la
France refuse de reconnaître ces actes, de même que les
généraux tortionnaires reconnaissent leur crime. L’historien
Amer Rekhila est aussi l’invité du forum, sa communication
a été très brève, mais elle en disait long
sur l’écriture de l’histoire de la guerre de l’Indépendance. «L’heure
est venue de se poser des questions, le temps d’un témoignage
objectif, fidèle de la part des moudjahidine qui ont fait la
guerre», précise l’historien. De son avis, les Algériens
ignorent beaucoup de choses de leur passé ou plutôt beaucoup
de vérités restent tapies dans l’ombre en attendant
que des acteurs de la guerre sortent de leur tanière.
D’emblée, M.Amer Aïssani a commencé par expliquer
que «ce ne sont ni les communistes ni l’association des
Ulémas musulmans qui ont déclenché la guerre,
mais ce sont de simples citoyens algériens, membres, dans leur
majorité, de l’organisation secrète, qui l’ont
faite, loin des divisions régnant au sein du mouvement national».
Si les grands soulèvements qui ont succédé à la
conquête militaire 1830-1848 avaient mobilisé des régions,
l’appel du 1er Novembre a mobilisé tout un peuple. «Ce
qui prouve que c’est un mouvement à caractère national»,
précise-t-il. Abordant les accords d’Evian, il précise
qu’avant de parvenir à ce stade ultime du dénouement,
la reconnaissance de l’Algérie comme entité séparée
et le FLN comme le seul représentant du peuple, bien des étapes
ont été franchies.
Achira MAMMERI
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