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Femmes violées par les terroristes : Revendication d’un statut spécifique par Nassima Oulebsir , Le jeune Indépendant, 20 mars 2004 Une rencontre nationale regroupant une dizaine d’associations féminines a eu lieu ce jeudi à Alger. A l’ordre du jour de cette initiative du réseau Wassila, la dénonciation du viol des femmes par les terroristes, considéré comme un crime contre l’humanité. Lors de cette rencontre, des cas ont été relatés témoignant de la véritable souffrance que subissent des milliers de femmes en Algérie. Lila vivait avec ses parents et ses frères dans un coin isolé et frappé violemment par le terrorisme. A 18 ans, elle a quitté les bancs du lycée quand une bombe l’a entièrement ravagé. Elle témoigne de son épouvantable expérience : «Un soir, «ils» sont venus comme des loups. Quelques heures plus tard, je me suis retrouvée dans un coin que je ne suis plus capable de décrire. Un groupe de terroristes m’ont violée. Ils le refaisaient chaque nuit. Je n’avais plus la notion du temps, mais je me suis rendu compte plus tard que j’étais enceinte. Les militaires m’ont ensuite libérée. J’avais honte de faire face à ma famille avec mon ventre qui prenait forme. J’ai décidé de ne pas rentrer au village. Là-bas, les gens sont impitoyables. Je me suis cachée dans un centre pour femmes violées situé à Alger. Seul refuge pour moi. J’ai tout avalé. J’ai essayé de me suicider et de tuer ce que je portais dans mes entrailles comme honte. J’attendais la mort avec impatience.» Malgré tout, le destin a voulu qu’elle donne naissance à un bébé pour qu’il vive sans aucun statut. Actuellement, Lila vit dans une structure d’accueil. Comme cette jeune femme, elles sont nombreuses, mais personne n’est en mesure de fournir des statistiques fiables. Les femmes violées par les terroristes et celles qui sont tombées enceintes se retrouvent aujourd’hui sans avenir. Il faut savoir, selon les intervenantes, que le code pénal ne donne aucune définition juridique du viol, sachant qu’il ne fait jamais allusion au viol pendant les conflits armés. Seuls les articles 336 et 337 du code pénal en parlent. Le texte prévoit une peine de 5 à 10 ans de prison pour l’auteur du viol. La peine est portée à 20 ans quand la victime est mineure. Le texte ne cite pas les conséquences aggravantes telles la barbarie et la torture. Les participantes protestent contre la non-indemnisation des femmes victimes de viol par les terroristes. Elles revendiquent un statut spécifique pour elles et pour les enfants nés suite au viol. Elles dénoncent la non-application de la fatwa du Haut conseil islamique (HCI) qui permet aux femmes violées par les terroristes d’avoir recours à l’avortement. De plus, elle réclament une prise en charge sociale, médicale et psychologique en tant que victimes. A noter que seule la capitale dispose d’un centre d’accueil pour ces femmes qui ne peuvent pas affronter la société. Le réseau Wassila dénonce le silence de la société contre ce crime, qui «est un moyen d’éviter un débat politique». N. O.
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www.algeria-watch.org
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