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Affaire
des femmes agressées à Hassi
Messaoud
Le
silence des associations enfin brisé
El
Watan, 27 décembre 2004
Le procès en appel des auteurs des agressions contre les femmes à Hassi
Messaoud, le 13 juillet 2001, aura finalement lieu le 3 janvier 2005, à la
cour de Biskra, apprend-on auprès des avocats des victimes.
Ainsi, après un silence inquiétant, de nombreuses associations
féminines et des militants des droits des femmes ont exprimé leur
soutien à ces victimes à travers la signature d'une pétition
adressée au président de la République, au ministre de la
Justice, à la Cour suprême et à l'Assemblée populaire
nationale pour exprimer leur « profonde inquiétude devant l'absence
de soutien que reçoivent ces femmes de la part des autorités publiques,
responsables de la sécurité des citoyens et garantes de l'application
de la loi ». Cette lettre a été initiée à la
suite d'une réunion ayant regroupé une dizaine d'associations à Alger,
dans le but de coordonner les actions de solidarité à l'égard
des victimes d'El Haïcha, quartier où ces femmes ont été attaquées
par une horde de jeunes qui les ont torturées, violées et pour
certaines enterrées vivantes. Pour les auteurs de la lettre, ces victimes
ne demandent que justice. « Les trois femmes de Hassi Messaoud qui
ont eu le courage de venir témoigner des crimes dont elles ont été victimes
dans leur propre domicile n'ont pas pu bénéficier de la solidarité des
citoyens et citoyennes qui les soutiennent, absents par manque d'informations
sur la date du procès. Nous demandons instamment de mettre en place des
dispositifs rapides et efficaces pour assurer la sécurité de ces
personnes qui restent menacées par les agresseurs, assurer que le procès
se déroule en présence de représentants de l'Etat, d'associations
des droits de l'homme et que la justice soit rendue de façon à ce
que les femmes victimes de violences criminelles obtiennent réparation. » Pour
les auteurs, « si les victimes n'obtiennent pas une réparation
concrète et si les agresseurs restent impunis, si des mesures ne sont
pas prises au plus vite par le gouvernement, cela voudra signifier que 50% de
la population algérienne vivront en grand danger en Algérie, car
aucune femme d'Algérie ne pourra se sentir en sécurité dans
son propre pays. Cela voudra signifier encore que les textes fondamentaux sur
lesquels se base la nation algérienne restent lettre morte et que personne
n'est protégé par la loi. » Déjà, de nombreuses
militantes se sont déclarées prêtes à prendre en charge
un collectif d'avocats pour défendre les victimes.
Salima
Tlemçani
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