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ADHESION AUX FONCTIONS ELECTIVES AU MAGHREB Les femmes, le FIS et les démocratesLe Quotidien d'Oran, 26 mars 2006 La présence des femmes au parlement algérien est timide en comparaison avec les pays voisins tels que la Tunisie et le Maroc. L’on compte 24 femmes au parlement algérien alors qu’en Tunisie elles sont 43 femmes à siéger à l’assemblée et qu’au Maroc, 35 femmes sont au parlement. C’est ce qui ressort d’une étude comparative entre les 3 pays du Maghreb sur «le mode d’accès des femmes aux fonctions électives» effectuée par le centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme. Cette étude a été financée par l’Organisation des Nations unies. Les meneurs de l’enquête, chercheurs scientifiques et membres du mouvement associatif qui ont présenté, hier, les résultats de l’étude, à l’institut national de la Santé publique à Alger, déplorent l’absence de parité dans le monde politique algérien entre femmes et hommes. Pourtant, «les décideurs ont consacré une égalité à travers la constitution entre les citoyens pour être éligibles et électeurs», relève les meneurs de cette étude dans leur rapport. Le chercheur Amine Hartani de la faculté de droit, a affirmé, lors de la présentation du rapport, que l’Algérie est en-deçà de la norme dans la promotion de la femme, notamment dans le milieu politique. Elle est classée, selon les renseignements fournis dans le rapport, à la 121e place au niveau mondial alors que le Maroc est à la 94e place et la Tunisie est classée 35e. Les enquêteurs ont fait remarquer également que contrairement aux pays voisins qui progressent d’une année à l’autre, l’on constate «une régression, voire une stagnation qui reflète bien la mauvaise volonté des politiques à promouvoir les femmes dans les postes de décisions». Les rédacteurs du rapport ont aussi signalé que la représentation des femmes dans les institutions de l’Etat était négligée avant et après l’indépendance, pourtant tout le monde témoigne de la participation des femmes algériennes dans la lutte contre le colonialisme. «Aucune femme n’est présente dans l’organigramme de la Révolution algérienne jusqu’à l’indépendance», signale le professeur Amine Hartani, dans son exposé, en ajoutant que dans «les 23 gouvernement passés, depuis l’indépendance, la présence des femmes dans le pouvoir était insignifiante». Il précise en expliquant «qu’aucune femme n’a été présente sur la scène parlementaire des 9 gouvernements désignés après l’indépendance, pourtant les constitutions algériennes accordent depuis 1962 le droit de vote et d’éligibilité aux femmes, sans aucune discrimination. Ce n’est qu’au 10e gouvernement qu’on a enregistré la présence des femmes au parlement, c’est pour dire qu’on a accusé beaucoup de retard». Pour ce qui est de la présence des femmes dans les partis politiques, les enquêteurs ont dressé un constat pertinent qui suscite mille interrogations. Les enquêteurs ont trouvé du mal à expliquer le fait que les partis «islamiques» taxés de conservateurs ont su mobiliser les femmes mieux que les partis politiques dits démocratiques. Ils ont cité à titre d’exemple le MSP qui compte dans ses rangs une présence féminine importante contrairement, par exemple, au RND, FLN et RCD qui marquent une faible adhésion des femmes dans leur parti. Les chercheurs sont allés rappeler que lors des élections de 1991, remportés par le parti dissous (FIS) avait bel et bien réussi ses campagnes électorales grâce à la mobilisation des femmes alors que des partis politiques dit démocratiques n’ont pas su exploiter cette donne. Idem sur le plan économique. Les initiateurs de cette étude ont relevé un nombre plus important de femmes chefs d’entreprise en Tunisie et au Maroc par rapport à notre pays. Les chiffres sont explicites à plus d’un titre. La Tunisie qui compte 5 millions de femmes a 10.000 femmes chefs d’entreprise. Le Maroc qui compte 15 millions de femmes a 5.000 femmes patronnes d’entreprises alors que l’Algérie qui compte 16 millions de femmes ne compte que 300 femmes ayant créé des entreprises. Si les rédacteurs du rapport ont soulevé ce point, c’est pour mentionner que nos femmes ont moins de chance d’accéder au pouvoir par rapport aux femmes tunisiennes et marocaines, car disent-ils «le pouvoir qu’exercent aujourd’hui les patrons des entreprises sur l’Etat et les gouvernements est très influent dans la prise des décisions». En guise de conclusion, les rédacteurs de ce rapport recommandent aux pouvoirs publics de «favoriser le principe du quota». Et de regretter l’absence d’une loi qui favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. M. Aziza |
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www.algeria-watch.org
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