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LE
THÈME
DU JOUR
Le
code de la famille vit-il ses derniers jours?
L'Expression,
22 mars 2004
La lecture des programmes
des six candidats fait ressortir trois approches différentes sur le code de la famille : son abrogation, sa révision
et son maintien.
Hanoune, première femme arabe présidentiable, juge, dans
son programme-alerte, qu’il est urgent de «décréter
des mesures de détente, d’apaisement, matérialisant
le respect des droits de l’homme, de mettre fin aux conséquences
terribles du code de la famille sur les femmes et les enfants par la
promulgation de lois consacrant l’égalité effective
en droit et devant la loi et préservant les enfants en toutes
circonstances». Ainsi, le long parcours de la candidate du PT et
sa conviction politique plaident pour l’abrogation du code de la
famille même si elle n’est pas explicitée dans son
programme.
De son côté, Benflis déclare dans les 100 engagements
que «le code de la famille sera révisé afin de garantir
les droits de la femme et d’assurer la protection des droits de
l’enfant». Dans la même option, le président
sortant souligne que «le renforcement de la stabilité nationale
nous dicte également d’accorder la plus grande attention à la
cellule familiale, pierre angulaire de la société».
Faisant le constat des conséquences graves induites par les drames
conjugaux, les femmes jetées à la rue et les enfants livrés
au dénuement, Bouteflika s’engage à la révision
du code de la famille «dans le respect de nos valeurs spirituelles
qui ne sont nullement en contradiction avec les dispositions de la Constitution».
En guise de conclusion, le candidat remarque que «cette révision
viendra ainsi renforcer les droits de la femme à laquelle la Constitution
garantit l’égalité citoyenne». Quant à Djaballah,
qui ne peut que se réjouir du code de la famille en vigueur, promet
de «préparer la femme pour lui permettre d’accomplir
son devoir au sein de la famille et de la société».
Concernant l’exercice des activités politiques, le candidat
islamiste semble mettre un bémol à son conservatisme en
recommandant «l’égalité entre l’homme
et la femme dans l’accession aux responsabilités».
Par ailleurs, la femme rurale doit, indique Djaballah, bénéficier
d’un encouragement particulier dans les domaines de la scolarité,
de la formation et de l’insertion sociale. Pour les travailleuses
qui sont en même temps des mères de famille, le président
d’El Islah envisage un réaménagement horaire adéquat.
D’autre part, le candidat islamiste ne s’est pas empêché de
cibler les millions de célibataires en leur promettant un fonds
de mariage. S’agissant de Rebaïne, qui a affiché son
enthousiasme envers l’expérience tunisienne, s’engage à l’application
effective de la déclaration universelle des droits de l’homme.
Le candidat de AHD 54, qui prône la rupture avec le système
et une école moderne semble s’inscrire dans le camp de l’abrogation
du code de la famille. Sadi, ennemi juré de tous les tabous, se
dit déterminé à «bannir les inégalités
légales et sociales dont souffre la moitié de notre peuple».Cette
mission, explique le candidat du RCD, est une exigence de justice et
une condition de développement. Plus explicite, Sadi déclare
que son ambition est «de lever toutes les discriminations et les
archaïsmes qui pénalisent la femme». En outre, le candidat
juge prioritaire de «mettre fin aux interruptions de la scolarité qui
frappent massivement les filles dans les zones rurales».
Mustapha RACHDIOU
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