Invitée de l’émission «Tahaoulat» de la Chaîne 1

Mme Nouara Djaâfar : «Neuf mille femmes victimes de la violence»

par R.M., Le Jeune Indépendant, 13 janvier 2005

«Le projet de révision du code de la famille n’a jamais été bloqué et encore moins annulé», c’est ce qu’a déclaré hier la ministre déléguée chargée de la Famille et de la Condition féminine, Mme Nouara Djaâfar, sur les ondes de la radio nationale chaîne 1, au cours de l’émission hebdomadaire «Tahaoulat» (Mutations).

Invitée à débattre de la situation de la famille et de la femme en particulier, dans la société algérienne, la ministre a été sollicitée pour donner les explications sur les raisons du retard de la présentation de l’avant-projet modifiant le code de la famille, devant le Conseil des ministres, alors qu’il a été transmis à ce dernier depuis septembre 2004.

Se refusant au départ à tout commentaire sur cette question, la représentante du gouvernement a fini, sur insistance des invités de l’émission, par glisser ces quelques clarifications. Elle dira que «les propositions apportées dans le cadre de la révision du code de la famille sont toujours maintenues, et celui-ci sera changé».

Concernant les critiques avancées par certains courants politiques, portant sur un nombre d’articles révisés dans l’avant-projet, notamment la polygamie et le tutorat, Mme Djaâfar répond : «Je ne suis pas responsable de ce que disent les partis politiques».

Le deuxième point qui a suscité le débat entre la ministre et les animateurs de l’émission est lié au dernier rapport de l’organisation «Amnesty International» qui a traité de la situation de la femme en Algérie, jugée très critique.

A ce propos, la ministre a déclaré qu’elle n’est pas étonnée par les conclusions d’un tel rapport. «Ces rapports ne nous dérangent pas. Cette ONG suit de près l’évolution de la situation des droits de l’homme en Algérie depuis la décennie noire, et maintenant, depuis la promulgation de la loi sur la concorde civile, qui a ramené la paix, l’ONG cherche toujours à accabler l’Algérie sur la question des droits de l’homme».

Pour répondre aux accusations de cette organisation internationale, qui a souligné dans son rapport que «la loi algérienne favorise la violence», la ministre de la Famille expose des chiffres sur la violence contre les femmes en Algérie.

9 000 femmes ont subi des violences, selon l’invitée de l’émission, et 70% de ces violences se produisent à l’intérieur des familles. Ce chiffre, estime-t-elle, est loin de faire de la violence un phénomène de société, mais le problème doit être pris en charge en permanence.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement a pris des mesures pour venir en aide aux femmes victimes de violences, dit-elle. Ces recommandations qui ont été élaborées par la collaboration de plusieurs départements ministériels, se résument en la construction de plusieurs centres d’accueil pour les femmes répudiées et victimes de violences.

Des cellules d’écoute sont également mises au service de ces femmes, afin de les encourager à dénoncer l’abus dont elles sont l’objet. R. M.

 

 
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