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Stratégie industrielle: Les volets clefspar Ghania Oukazi, Le Quotidien d'Oran, 27 février 2007 Lues par le chef du gouvernement, les orientations du président de la République à la stratégie industrielle rejoignent largement l’esprit du cadre conceptuel que l’équipe d’experts encadrée par Temmar a tracé après un an et demi de travail. En atteste le contenu du volumineux document portant stratégie et politiques de relance et de développement industriels élaboré par les experts et adopté par le gouvernement après huit séances d’examen. Hamid Temmar en a fait une synthèse qui a été remise aux participants aux assises que le MPPI tient depuis hier au Palais des Nations de Club des pins. Les volets clefs que Temmar a présentés par data show sont au nombre de 9 et abordent la transformation du théâtre industriel dans le monde, l’innovation, le choix des branches prioritaires, la mise à niveau des entreprises, les politiques d’intégration et d’appropriation des TIC, l’intelligence économique, la mobilisation des IDE, le développement des ressources humaines et enfin le déploiement spatial de la stratégie industrielle. C’est ce que Belkhadem qualifie de «vision nouvelle du devenir de notre économie et de notre société, et qui est fondée sur la liberté d’entreprise, la rationalisation économique et le renforcement du système de solidarité sociale». Il estime cependant que «la stabilité politique et sociale ne peut assurer le développement durable sans la mise en oeuvre et la réussite d’un projet économique réaliste et audacieux». Plaçant sa stratégie entre l’audace, l’ambition et la prétention, Temmar l’a présentée hier à ses invités sous le titre «le réveil d’un géant» précisant qu’il s’agit de l’industrialisation. Il indique que «la stratégie n’est pas un travail qu’on fait tous les jours, elle détermine le destin de la Nation». Pour Belkhadem, «l’industrialisation, c’est-à-dire le développement dense d’activités industrielles interdépendantes, doit s’insérer dans notre objectif d’assurer à notre société une progression sans heurt vers la paix et la prospérité». Temmar précise que «l’industrie industrialisante se trouve dans le secteur public» qu’il faille remettre en ordre, développer et promouvoir d’autres activités. Temmar notera au passage que les institutions de Bretton Woods notamment le FMI ne veulent pas de stratégie industrielle «parce qu’il dit que vous n’avez qu’à préparer votre économie et les investissements viendront tout seuls». Le ministre n’est pas de cet avis parce qu’il estime que «le processus d’industrialisation ne peut se faire avec le marché seul et il n’est pas non plus conseillé de revenir à la gestion étatique». Belkhadem souligne à cet effet que «dès lors, il faut mettre le marché en situation de transparence et d’efficience, l’Etat devant intervenir pour corriger les défaillances du marché et faire pleinement jouer les externalités. Il a dans ce cas besoin d’un cadre de politique publique clairement formulé». Belkhadem explique que «notre paradoxe est que notre économie bénéficie d’un taux élevé d’investissement qui a été et qui reste un des plus élevés alors que ses performances sont insuffisantes pour assurer un décollage définitif». Un tel paradoxe est selon lui «à rechercher dans la structuration du cadre de fonctionnement de notre économie. Nous devons transformer notre système économique si nous voulons que les investissements nationaux s’accroissent, que nos entreprises deviennent plus efficientes et notre taux de croissance atteigne les niveaux nécessaires pour un développement durable». Le tout constitue, dit-il, «le coeur de notre stratégie de croissance économique» et l’industrie en sera «l’instrument puissant» parce qu’elle est «un vivier technologique (...), le meilleur garant de la croissance (...), et confère des atouts sur le marché mondial dans les négociations sur un transfert de valeur ajoutée». Temmar dit de la stratégie qu’elle est «le cadre de référence qui nous permet de bâtir sur ce que nous avons» en prenant en compte les évolutions que connaît le monde, en encourageant l’innovation et en s’appuyant sur les technologies de l’information et de la communication. «Une stratégie industrielle n’est pas seulement le choix de branches considérées comme nécessaires et donc prioritaires (...). Elle implique l’émergence et la consolidation d’avantages fondés notamment sur l’innovation et les ressources humaines qui sont des fondements majeurs de tout projet industriel», dit le chef du gouvernement. C’est, affirme-t-il, «en cela qu’il faut définir le rôle de l’université et mesurer son efficacité (...) la productivité de nos centres de recherches». Il estime que «les grandes entreprises nationales et étrangères doivent également s’impliquer directement dans la formation technique des travailleurs et contribuer ainsi à cette adéquation entre la formation et l’économie». Il ne dictera pas d’orientations spécifiques pour la réforme du cadre institutionnel existant. Le chef du gouvernement se contentera de dire que l’Etat oeuvrera à le créer pour encourager «le travail productif et la primauté de l’effort». Le MPPI fait savoir que désormais «c’est à l’entreprise de créer des richesses et de la croissance». Avec un taux actuel de 0,5% de croissance, le secteur industriel est bien en deçà de ce qu’il doit être. Il affirme donc «qu’il est incontestable que l’Etat intervienne pour mettre en condition l’économie pour qu’elle s’industrialise». Mais, ajoute Belkhadem, «l’implication de l’Etat dans la mise en oeuvre de la stratégie industrielle ne signifie nullement un retour à l’économie centralisée ou à la situation du tout Etat». Comme l’a souligné Temmar, le secteur public marchand est appelé selon le chef du gouvernement «à contribuer fortement à la mise en oeuvre de la stratégie industrielle du pays». Ce n’est qu’après que «le désengagement de l’Etat de la sphère marchande se réalisera progressivement en commençant par les petites et moyennes entreprises». Il fera le même appel de participation au secteur privé. Pour cela, les experts ont choisi 55 branches d’activité industrielle à promouvoir après les avoir diagnostiquées, mesuré leur potentiel industriel, leur taille ou leur positionnement sur le marché mondial et leurs avantages comparatifs. Pour le faire, Temmar estime au sujet du privé «qu’il n’est pas intéressant d’agir dans ce cas comme patronat parce que chaque entreprise a ses spécificités, mais il faut peut-être se constituer en branches patronales». Après ça, un programme spécial pour la mise à niveau pourra être initié et adopté par le gouvernement. «Nous attendons de tous nos partenaires qu’ils rentrent dans ce document pour aboutir à des propositions concrètes qui doivent permettre au gouvernement d’aller vers des politiques économiques, des décrets et des règlements», a-t-il indiqué. Premières contestations de coulisses hier, le choix par Temmar des modérateurs de commissions et d’ateliers. Il choisira entre autres en tant que tels ce qu’il présentera comme étant ses amis et ses compagnons d’université, à l’exemple de Abdelatif Benachenhou et Liassine, Chetih (comme ancien responsable d’entreprise) et Bensaci en tant que président du conseil consultatif de la PME. Les patrons privés lui reprocheront aussi d’avoir permis uniquement à «ses invités de marque comme Rabrab (Cevital), Zaïmi (SIM) ou Belkhalfa de présenter leurs interventions». |
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