En raison du problème du foncier

46,7 % des logements sociaux participatifs inachevés

par Safia Berkouk, Le Jeune Indépendant, 26 mars 2005

Sur les 135 000 logements sociaux participatifs (LSP) qui devaient être réalisés entre 1998 et 2003, seulement 73 347 ont été achevés, alors que les 49 176 restants, soit 46,7 %, sont toujours en cours de réalisation, selon le dernier numéro de la revue CNEP News publiée par la CNEP-Banque.

On souligne dans cette publication que les freins à l’achèvement de ces programmes ne résident pas dans l’insuffisance de crédits budgétaires ou d’opérateurs, mais dans l’organisation du processus de production qui s’étend de la programmation à la sélection des acquéreurs, en passant par la désignation des promoteurs et l’attribution des terrains qui constitue l’élément clé de la décision.

Or, on estime que le problème du foncier est le principal frein pour les promoteurs, même si le ministère de l’Habitat a chargé les walis de dégager des terrains d’assiettes pour ces projets. Les terrains domaniaux sont vendus sur décision du wali à des prix dépendant de leur destination finale.

Ainsi, les terrains destinés à la construction des LSP peuvent être vendus entre 400 et 7 000 dinars le mètre carré. Par contre, les terrains à destination d’opérations de promotion immobilière sont vendus à des prix pouvant atteindre 20 000 dinars le m2.

Le coût du terrain se répercutant sur le prix final du logement, on considère que ce dernier pourrait être beaucoup moins cher si les normes internationales sont appliquées pour ce type de logement dont le coût du terrain ne devrait pas dépasser 10 % du coût du logement, alors qu’en Algérie il représente plus de 30 %.

De ce fait, les programmes LSP ne s’adressent qu’à une tranche de la population dont les revenus mensuels sont inférieurs à 5 fois le SNMG, soit quasiment 50 % des ménages algériens qui ont des salaires mensuels se situant dans une fourchette allant de 12 000 dinars à 40 000 dinars.

L’Etat, qui mise beaucoup sur les programmes LSP pour résorber le déficit en logements, prévoit de réaliser plus de 200 000 LSP d’ici à 2009 dont 5 000 à Alger. En général, les programmes sont réalisés à 60 % par des promoteurs privés, alors que l’intervention des promoteurs publics reste très insignifiante.

L’aide financière non remboursable de l’Etat est octroyée par le biais de la Caisse nationale de logement (CNL). Pour souscrire à cette aide, le demandeur doit avoir un revenu inférieur à 50 000 dinars et le prix du logement doit être inférieur à 2 millions de dinars.

Avec un revenu de moins de 25 000 dinars, le postulant à cette formule bénéficiera d’une aide de 500 000 dinars. Pour un salaire situé entre 25 000 dinars et 40 000 DA, le bénéficiaire se verra octroyer une aide de 450 000 dinars, alors que les demandeurs qui ont un salaire se situant entre 40 000 et 50 000 dinars pourront bénéficier d’un soutien de 400 000 dinars.

En 2002, 29 % des aides de l’Etat ont été réservés aux programmes LSP pour la réalisation de 40 000 unités. Les répartitions des dépenses entre l’Etat et les bénéficiaires pour ce type de programme sont de l’ordre de 44 % pour l’Etat et de 56 % pour l’acquéreur qui a, en plus, la possibilité de conforter sa capacité financière par le biais d’un crédit bancaire.

Près de 80 % de l’offre en LSP sont constitués de logements de 3 pièces dont la superficie varie entre 60 et 75 m2. Il faut noter que la CNL, pour l’exercice 2003, a effectué des décaissements de l’ordre de 122,6 milliards de dinars dont 20,6 milliards pour le logement aidé et 102 milliards pour le logement social locatif et le logement en location vente.

S. B.

   
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