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Affaire du foncier de Bouchaoui Le procureur requiert des peines de 2 à 8 ansPar : Ali Farès, Liberté, 29 Août 2007 La deuxième journée du procès de l’affaire du foncier de Bouchaoui a été consacrée au long réquisitoire du procureur de la République et au début des plaidoiries qui devraient se poursuivre aujourd’hui. La salle du tribunal de Chéraga est pleine à craquer. La forte présence des familles des mis en cause et la canicule ont fini par avoir raison d’une climatisation insuffisante. Après avoir entendu les mis en cause et les témoins au nombre de 167, le procureur de la République a requis des peines d’emprisonnement considérées très dures par la défense. 8 ans à l’encontre de la notaire à laquelle il est reproché d’avoir établi des actes de désistement et de vente de lots de terrain appartenant à des EAC/EAI (exploitations agricoles collectives et individuelles), 5 ans pour le fonctionnaire des services agricoles, les intermédiaires et la secrétaire de Brahim Hadjas, principal accusé, et enfin un nombre important de fellahs ayant signé les désistements moyennant des sommes d’argent allant de 400 à près d’un milliard de centimes. Dans son réquisitoire, le procureur de la République a qualifié l’opération de désistement des terres en question (10 EAC et 4 EAI d’une surface globale de plus de 317 ha) assimilable aux expropriations des “sionistes” à l’encontre des Palestiniens. Chose à laquelle la défense a très mal réagi. Me Miloud Brahimi, réputé pour son franc-parler, a d’emblée rappelé que cette “similitude” est très grave et constitue une atteinte aux libertés individuelles. Il relèvera au passage, à l’instar d’autres avocats, que le réquisitoire censé s’appuyer sur les textes de loi a laissé place à un discours politique tendancieux. “Où sont les autres notaires ? Pourquoi s’acharner sur Mme Bouziane Belhadj en prison depuis mai 2006, alors que la détention préventive ne saurait dépasser dans tous les cas huit mois ?” dira-t-il au président et de faire remarquer que les chefs d’inculpation ne correspondent pas à la réalité des délits commis. “Quand on parle d’association de malfaiteurs, il y a forcément un chef dans cette affaire”, explique Miloud Brahimi. Parlant de Brahim Hadjas, il précisera que ce dernier a agi sur le plan juridique légalement. “Peut-on être fou ou insensé au point d’associer ses enfants dans une affaire irrégulière ?” justifie-t-il ? ALI FARÈS |
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