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Détournement du foncier agricole: Les décisions de justice ignoréesEl Watan, 18 août 2010 Victime de la mafia du foncier, la famille Hazem ne sait plus à quelle porte frapper pour récupérer ses hectares Munie de son acte de propriété d’une ferme agricole, Haouch Kaida, de 20 hectares située à Bordj El Bahri, à Alger, validé par voie de justice en 1967, la famille Hazem se heurte depuis plus de 10 ans à une guerre sans merci contre ce qu’elle appelle «la mafia du foncier». Un lopin de terre qui, selon elle, «n’est ni intégré dans le cadre de la Révolution agraire, ni nationalisé, ni même incorporé aux réserves foncières». Il a toujours été sa propriété privée jusqu’à ce qu’il fasse l’objet de convoitise. Profitant de la situation d’insécurité qui régnait vers la fin des années 1990, l’administration locale a empiété sur une dizaine d’hectares, qu’elle a morcelés et affectés illégalement à des tierces personnes. En fait, la coopérative de l’armée a obtenu une cession de 2 hectares auprès des domaines d’Alger, sur décision n°053 datée de janvier 1998 et enregistrée à l’agence de conservation foncière de Rouiba le 10 septembre 2002. En vertu de cet acte, le ministère de la Défense, représenté par le directeur des services sociaux, a signé en 2006 une convention de procuration avec l’OPGI de Tipaza, pour la réalisation de 180 logements promotionnels au profit du personnel de l’ANP, dans le cadre de la vente sur plan. Une cession qualifiée d’ailleurs d’«inhabituelle» par les inspecteurs de l’IGF, dans leur rapport sur la gestion du foncier à Alger élaboré en 2005. Fait bizarre. Un arrêt resté sans suite, puisque la salle de sports a été achevée. Il en est de même pour le projet de 300 logements sociaux lancés par l’OPGI de Dar El Beida, sur une autre parcelle des Hazem, qui lui a été affectée en juin 2001 par les services des domaines d’Alger. Un projet pris en charge par la wilaya d’Alger et de surcroît financé par le Fonds arabe de développement économique et social (FADES). La bataille judiciaire que les propriétaires des terres entament finit, en 2002, par un arrêt du Conseil d’Etat (corrigé pour erreur matérielle en 2005) qui les rétablit dans leurs droits en décidant de l’expulsion de tous les indus occupants et l’annulation de toutes les décisions de cession et d’affectation de l’assiette foncière. Mais cela n’a pas empêché les travaux de se poursuivre, que ce soit pour la construction des logements de la coopérative militaire, de ceux de l’OPGI de Dar El Beida ou de la salle omnisports, alors que pour la coopérative El Badr, le lotissement fait l’objet d’une spéculation foncière par les bénéficiaires, qui sont des cadres de la wilaya d’Alger, dont un responsable au sein du service de l’urbanisme de Dar El Beida. Il explique que dès que l’APC a été informée de la création des deux coopératives El Badr et de l’armée sur son territoire, elle a saisi le directeur des domaines de la wilaya d’Alger, par écrit (correspondance n°57 du 23 octobre 1999), pour lui faire part de son opposition à cette opération. Dans une autre correspondance (n°587, datée du 23 octobre 1999), le secrétaire général de la wilaya d’Alger ordonne au directeur des domaines de ne pas prendre en compte notre position et de poursuivre la procédure d’affectation des terrains. |
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www.algeria-watch.org
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