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Temmar : “La stratégie industrielle sera présentée en septembre”

Meziane Rabhi, Liberté, 30 juillet 2006

Le ministre des Participations et de la Promotion de l’investissement affirme ne pas partager l’approche du FMI prônant le laisser-faire.
“Nous sommes sur le point de terminer le premier jet de ce que sera la stratégie industrielle. Elle sera présentée au gouvernement, je pense, en septembre.” C’est ce qu’a déclaré, hier, le ministre des Participations et de la Promotion de l’investissement à l’ouverture d’une rencontre sur la mise en place d’un programme de partenariat pour une meilleure prise en charge, par les entreprises publiques, des stagiaires dans le cadre de la formation par apprentissage, qui s’est tenue à l’Institut national de formation professionnelle (INFP) d’El-Biar.

Une fois examinée par le gouvernement, cette stratégie sera soumise à un large débat avec les experts et les opérateurs économiques. Le ministre des Participations et de la Promotion de l’investissement a eu déjà, il y a quelques semaines, à expliquer les fondements de la stratégie, concoctée par son département qui se décline sous deux aspects : continuer dans la politique d’encouragement des industries de substitution à l’importation, mais en parallèle, il faut développer une industrie orientée vers l’exportation. Des branches à promouvoir ont été identifiées. M. Temmar avait cité, entre autres, l’agroalimentaire, les industries de mécanique, la mécanique de précision, d’électromécanique, d’électricité, la pétrochimie, la chimie organique… Hier, le ministre a estimé que le choix des branches à promouvoir “a pris très peu de temps, parce qu’elles sont très évidentes”. Les débats ont porté sur le type d’industrialisation à entreprendre dans un monde totalement globalisé et dans un contexte d’un accord d’association qui ramène la protection de l’économie à environ 9%. Le ministre parle de l’avènement d’une nouvelle économie en Algérie depuis un peu plus d’une année. “Nous sommes déjà dans la transformation, même si certaines mentalités ne se sont pas encore adaptées”, souligne M. Temmar, expliquant que depuis trois ans le taux de croissance s’est maintenu en moyenne à 5%. D’où la nécessité de mettre en œuvre une stratégie de développement de croissance qui s’appuie sur les secteurs productifs : l’agriculture, les services, les mines et l’industrie. “L’agriculture a été prise en main dès 2001. Nous avons lancé une politique qui commence à donner des résultats excellents. Tout est encadré. Le seul domaine que nous n’avons pas attaqué sérieusement, ce sont les industries, y compris le tourisme et la pêche”, précise le ministre. Ce sont ces secteurs qui seront pris en charge par la stratégie. Du coup, le ministre de la Participation dit ne pas partager, même en désaccord, “l’approche du FMI qui prône le laisser-faire”. “Nous ne pouvons plus laisser faire si nous voulons que le taux de croissance passe de 5% à 8% en deux ans”, souligne M. Temmar.
En outre, la stratégie élaborée par le ministère de la Participation semble tenir compte des transformations économiques survenues à l’échelle internationale, avec l’émergence des pays comme la Chine, le Brésil, la Malaisie, l’Afrique du Sud et les restructurations du mode opératoire des multinationales dans leur conquête des marchés, ainsi que les stratégies des petites et moyennes entreprises. C’est du moins les explications avancées par le ministre.

Adapter la formation avec les besoins du marché de l'emploi
La réunion, qui a regroupé les responsables des SGP et ceux de la formation professionnelle, a porté sur les opportunités de coopération et de partenariat pour une “meilleure prise en charge” des jeunes stagiaires en prévision de la prochaine rentrée en septembre 2006 de la formation professionnelle. M. El-Hadi Khaldi, ministre de la Formation et de l’Enseignement professionnels, a mis l'accent sur la nécessité “d’adapter la formation aux besoins du marché de l'emploi”, et de répondre aux besoins des entreprises en quête d’une main-d’œuvre qualifiée. Justement les entreprises étrangères se plaignent du manque de main-d’œuvre qualifiée. BP, devant le manque de main-d’œuvre locale qualifiée, pour les besoins de ses chantiers, recrute plus de 600 Philippins dans les soudures homogènes et industrielles. De l’avis même du secrétaire national de l’UGTA, M. Salah Djenouhat, les repreneurs de entreprises publiques privatisées se sont plaints du manque de qualification des travailleurs. “Nous créons un problème aux repreneurs. En gardant les effectifs, ils font du social au lieu d’aider l’entreprise et l’économie nationale, étant donné que le repreneur considère qu’une bonne partie des effectifs n’est pas adaptée à l’activité et à son ambition”, explique M. Djenouhat.
Le ministre de la Formation professionnelle estime entre 80 000 et 120 000 les jeunes qui n'ont pu passer l'écueil du cycle fondamental, 300 000 le cycle secondaire et près de 500 000 ceux “victimes de la déperdition scolaire”.

Meziane Rabhi

   
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