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Enseignants universitaires
Les salaires seront revalorisés
Le Jeune Indépendant, 15 mars 2009
Dernière ligne droite avant le début de la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril. Cette semaine sera-t-elle riche en annonces et en décisions ? Certains observateurs estiment que des mesures seront annoncées par le président de la République avant son entrée en campagne le 19 mars prochain. Après les travailleurs, les Patriotes, les agriculteurs et les étudiants, serait-ce le tour des enseignants du supérieur ?
Probablement oui. Selon des sources universitaires, la corporation s’attend à une annonce d’une augmentation des salaires mercredi prochain. La nature de cette augmentation n’est pas encore connue, mais notre source affirme que la mesure touchera non seulement les enseignants du supérieur mais également certains cadres du secteur. Ainsi, il ne serait pas impossible de voir se concrétiser une des principales revendications des enseignants du supérieur.
Les conventions de branches étant ficelées, toujours selon ces sources, l’annonce prochaine par les pouvoirs publics de cette augmentation irait dans le sens de l’apaisement du front social en cette veille d’élection présidentielle. Même si d’autres observateurs estiment, pour leur part, que cette hausse en faveur des universitaires ne serait effective qu’après l’élection présidentielle. Si l’augmentation se confirmait, les enseignants universitaires auraient gagné «leur bataille». Ils veulent que des «mesures historiques» soient prises par le Président, à l’instar de celles qui ont concerné les agriculteurs et les étudiants. Ils disent vouloir être «réhabilités».
Depuis Arzew déjà, le président Bouteflika avait annoncé aux travailleurs que les salaires de la fonction publique et du secteur économique public allaient être revus à la hausse. «Dans le secteur de la fonction publique, et outre les cinq revalorisations des salaires et des primes survenues entre 2001 et 2006, la promulgation du statut général a donné lieu, l’année dernière, à une augmentation des salaires des fonctionnaires, laquelle sera bientôt consolidée au niveau des différents régimes indemnitaires, une fois la promulgation des statuts particuliers parachevée», a déclaré Abdelaziz Bouteflika devant les travailleurs le 24 février dernier. Le chef de l’Etat a, par la même occasion, annoncé la prochaine augmentation du salaire de référence du SNMG, tout en précisant que «nul doute que la prochaine réunion tripartite permettra, dans le cours de cette année, de faire évoluer encore ce salaire de référence».
Ce qui s’apparente donc à une promesse de pré-campagne électorale a de fortes chances d’être réalisé dans le cas où Abdelaziz Bouteflika succéderait à lui-même au palais d’El-Mouradia. Il n’en demeure pas moins, estiment certains observateurs, que la situation de malaise dans le secteur du supérieur, notamment chez les praticiens de la santé, en grève ouverte depuis le 24 février dernier, et les professeurs et docents qui débrayeront en pleine campagne électorale, est telle qu’une annonce d’un dénouement par le biais du règlement du problème à la base serait souhaitable. Le mutisme du syndicat du supérieur, le CNES, serait toujours, selon ces observateurs, un signe d’adhésion à la démarche d’apaisement en cette période de pré-campagne. Est-ce le prélude d’une annonce allant dans le sens des revendications du corps enseignant ? Il n’est pas impossible de le penser. Car il y va de la paix sociale dans une conjoncture très délicate où toute contestation de quelque nature que ce soit peut être interprétée par les détracteurs politiques du président Bouteflika comme la preuve de l’échec de sa politique.
Ce qui, en termes de marketing politique, serait désastreux pour l’image du président sortant auprès de l’opinion publique nationale et internationale. L’annonce depuis Biskra de l’effacement de la dette des agriculteurs, à hauteur de 41 milliards de dinars, et l’augmentation de 50 % de la bourse des étudiants sont autant de signaux qui renseignent sur la volonté du chef de l’Etat de solder les dossiers en suspens et les contentieux qui risquent de miner, dans l’avenir, la stabilité socioéconomique du pays, et par là même la stabilité de toute la collectivité nationale.
M. K. et N. O.
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Dégradation de la situation sociale |