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Le ministre des Finances, hier sur les ondes de la radio chaîne III
“Il est évident qu’un salaire à 18 000 DA n’est pas suffisant”
Par : Rabhi Meziane, Liberté, 6 octobre 2011
Pour le grand argentier du pays, “la réponse structurelle aux besoins sociaux des travailleurs se trouve, bien évidemment, dans l’augmentation des salaires mais, d’une façon structurelle, dans la création d’emplois et dans la permanence de la distribution des salaires”.
“Il est évident qu’un salaire à 18 000 DA n’est pas suffisant”, a reconnu, hier sur les ondes de la radio chaîne III, le ministre des Finances, M. Karim Djoudi, en répondant à la question, “si la hausse de 3 000 du SNMG répond aux préoccupations du pouvoir d’achat ?”.
Mais pour le ministre des Finances, “le pouvoir d’achat ce n’est pas uniquement le SNMG. C’est d’abord avoir un travail et de le garder”. C’est le premier élément du pouvoir d’achat, estime M. Djoudi. Il faut donc, selon lui, axer les efforts en matière de politique économique, sur la création d’emplois et leur maintien. Le ministre des Finances cite, également, comme deuxième élément du pouvoir d’achat, l’effort de l’État en matière de soutien aux produits de première nécessité, mais également à certains nombres de produits comme le logement, l’électricité et l’essence.
“Cet effort joue directement sur le pouvoir d’achat”, a-t-il soutenu. Il se traduit par des dépenses de l’état, soit directement inscrites dans son budget, soit indirectement à travers l’assainissement d’entreprises. “Il a fallu au titre de soutien à Sonelgaz, qui travaille en deçà des prix économiques, traiter 200 milliards de dinars de dette”, indique le grand argentier du pays en citant cette entreprise comme exemple. “Le pouvoir d’achat ce sont les prix, les revenus et les emplois. L’effort de l’État c’est de développer les emplois et les maintenir, soutenir les prix qui touchent la consommation de la couche moyenne défavorisée et agir, bien évidemment, sur le salaire minimum”, explique le ministre des Finances. Pour lui, “la réponse structurelle aux besoins sociaux des travailleurs se trouve, bien évidemment, dans l’augmentation des salaires mais, d’une façon structurelle, dans la création d’emplois et dans la permanence de la distribution des salaires”. Ce qui explique les décisions prises par les pouvoirs publics au profit des entreprises. Le ministre a parlé “de volonté des pouvoirs publics de conforter leur action au bénéfice des petites et moyennes entreprises”, considérant que la Pme est génératrice d’emplois, de revenus distribués et d’impôts au bénéfice de la collectivité. Sur le terrain, les entreprises “en situation convenable” vont bénéficier d’un soutien en matière d’investissement avec une bonification et un différé de paiement. Ces mesures ont été traduites dans les dispositions de la LFC 2011. Les premières opérations de financement ont été déjà engagées. Concernant le rééchelonnement des dettes, il s’agit des entreprises qui sont déstructurées. “Sur la base du soutien apporté par l’État en terme de différé de paiement, de bonifications et de prise en charge des intérêts intercalaires, les banques ont engagé leurs opérations. Et sur les premiers chiffres identifiés par les banques, 200 milliards de dinars de dettes sont concernés par les opérations de rééchelonnement. Il y a aussi la prise en charge de 80 milliards de dinars d’agios réservés”, a souligné le ministre, précisant qu’un premier lot d’entreprises a été déjà traité. Le ministre annonce également une centaine de mesures fiscales retenues en faveur de l’entreprise. Trente de ces mesures sont proposées dans la loi de finances 2012. Ce sont des mesures de facilitations fiscales qui vont permettre de renforcer la relation entre le contribuable et l’administration, entre autres, en réduisant les pénalités, en permettant des remboursements étalés de la dette fiscale… Toute une série d’actions qui sont confortées par des mesures d’allégement fiscal, en terme d’annulation, de rééchelonnement de dettes, qui sont déjà contenues dans les règles régissant les procédures fiscales. Pour le ministre, la balle est maintenant dans le camp des entreprises. “Nous attendons que les entreprises apportent une réponse en matière de création de richesses et d’emplois”, affirme M. Djoudi. Sur l’IRG, le ministre explique que cet impôt ne touche pas l’ensemble des salariés. Il rappelle que pour les retraités, il y a déjà un abattement de l’IRG de l’ordre de 40%, complété par une exemption jusqu’à 20 000 DA et un étalement de l’abattement entre 20 000 et 40 000 DA. “L’effort supplémentaire des autorités a été de dire : travaillons ensemble, lisons l’ensemble des contraintes qui se présentent et voyons ce que nous pouvons faire.” Idem pour l’augmentation des retraites.
“Les retraites sont augmentées annuellement selon les équilibres de la CNR. Si un effort de solidarité doit être fait, il s’agit d’identifier les modalités de financement. C’est l’objet du groupe de travail installé par la tripartite”, a indiqué le ministre, affirmant que le patronat n’a pas refusé l’augmentation de 1% des charges patronales. “Je crois que c’est un élément de discussion au sein du groupe de travail. Il n’y a pas, à mon sens, de refus du patronat”, a-t-il précisé.
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Dégradation de la situation sociale |