SUITE A LA HAUSSE DU PRIX DU BLÉ SUR LE MARCHÉ MONDIAL

Le prix de la semoule enfle, les galettes s'aplatissent

Le Soir d'Algérie, 24 septembre 2007

Cédé entre 1 250 DA et 1 300 DA, le sac de semoule de 25 kilos a atteint un pic historique. En une année, son prix a pratiquement doublé. L’an passé, il se vendait à 750 DA. Quatre augmentations successives ont fini par rendre ce produit pratiquement inaccessible.
Les familles nombreuses ont dû adopter de nouvelles habitudes d’approvisionnement. Les ménagères qui s’approvisionnaient en sac de 25 kilos achètent en petites quantités. Une situation due à l’envolée des prix du blé sur le marché mondial depuis près d’une année. La production algérienne de blé, tributaire des aléas climatiques, ne couvre que le tiers des besoins.

Petits métiers, gros soucis

Durant ce mois sacré, ce sont les petits métiers qui ressentent le plus les retombées de cette envolée. Les produits à base de cette céréale sont pratiquement introuvables ou bien plus chers. L’exemple le plus édifiant est celui des fines feuilles de ''diouls''. La douzaine est passée du mois de Ramadan de l’année dernière à cette année de 25 DA à 45 DA et même à 50 DA. Ce produit a néanmoins accusé un recul à cause toujours du prix élevé de la semoule qui sert à sa fabrication. Certains même ont préféré abandonner cette activité. D’autant plus que plusieurs villes ont connu dernièrement une véritable situation de pénurie de ce produit. «Je me procurais depuis plusieurs années les diouls chez la même personne au marché. Et au fil du temps, on a même lié connaissance. Mais, à mon grand désarroi, ce marchand ne propose plus ces produits», a relevé une mère de famille. Une famille, à l’exemple de beaucoup d’autres, pour qui les bricks tunisiennes sont érigées en institution durant le mois de carême. «Alors pour trouver de bons diouls, il faut galérer», ajoute-t-elle. Les pains traditionnels faits maison, appelés communément «el-matlouaâ » ont également connu une hausse. La galette est cédée à 25 DA alors qu’elle était vendue à 20 DA. «Lors du f’tour, sur la table, avant il n’y avait que les maatlouates, et maintenant, les gens se contentent du pain industriel», relève un père de famille.

Dur de trouver la qualité

«La semoule vendue est de moindre qualité que les années précédentes », fulmine une maman qui fabrique des diouls pour sa consommation. Et d’ajouter : «En plus de devoir la payer plus cher, elle est moins bonne.» Une opinion tout à fait véridique. C’est un expert dans ce secteur qui l’approuve. «L’Algérie importe le blé de troisième choix et qui est pauvre en glutène», a-t-il expliqué. Le gluten est un agent de liaison permettant à la farine de s'étirer et de coller. Considérant que notre pays importe près de 90% de ses besoins, la facture est des plus lourdes. Ce premier semestre, elle a déjà importé 2,53 millions de tonnes de blé contre 2,67 millions de tonnes durant la même période de 2006, selon les chiffres avancés par les douanes. Et c’est «pour faire des économies» que le choix est porté sur une moindre qualité. Malgré cette baisse de plus de 137 000 tonnes, la facture des importations de blé a augmenté, passant de 528,72 millions durant les six premiers mois de 2006 à 589,73 millions de dollars durant la même période de 2007. L'Algérie est, en effet, classée parmi les premiers importateurs de blé au monde et devrait importer 5,1 millions de tonnes de cette céréale en 2007.
Meriem Ouyahia

 
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